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Intentions ou actes ?

Date : dimanche 27 février 2011 à 23h36
Numéro : 356/552 • Auteur : • Lien court : http://ekh.io/5q

Catégorie : Citations • Tags : , ,
Cet article est vieux de 7 années. Certaines informations peuvent être obsolètes, et le style d'écriture est peut-être un peu jeune. Merci d'en tenir compte, n'hésitez pas à le mentionner en commentaire, et bonne lecture !

Voici deux citations que j'ai (ré)entendu très récemment, et qui me semblent finalement assez antagoniste. Pourtant, de part leur support (les mythologies de Batman et de Stargate, chacun ses références) ainsi que leur fond, les deux m'avaient marquées dés leur première écoute.

Les voici :

"Que nos actes soient couronnés ou non de succès n'ajoute rien de plus au bilan de notre vie. [...] Juge-toi uniquement d'après tes intentions."

- Oma Dessala, Stargate SG1, saison 6 épisode 21 : Zénith

"Qui que l’on soit, au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes."

- Rachel Daws, Batman Begins

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25 commentaires

  1. Dans leur globalité elles sont antagonistes. Mais chacune mentionne des points dont l’autre ne parle pas. Cela me fait penser qu’elles ne sont pas si opposées l’une de l’autre. De plus le contexte est différent.

  2. En juriste, je dois prendre partie pour la deuxième. Je pense que ce que l’on ressent ne peut ni nous être opposé, ni être opposable à qui que ce soit tant qu’aucune traduction concrète, en acte ou en mots ne se formalise.
    La question du succès me depasse un peu, ça me fait peur d’y réfléchir en ce moment ^^’

    Bon, je suis sur téléphone là, je developperai plus tard!

  3. @ Tharkun:

    Je trouve qu’elles sont quand même relativement antagonistes. En gros, elles opposent la primeurs des intentions ou des actes. Qu’est-ce qui est le plus important, l’objectif visé ou le résultat concret ? Mais je suis d’accord, suivant les contextes, les réponses peuvent être différentes.

    @ Rico:

    Content de te revoir par ici, Rico !

    Dans la citation, la notion de succès est surtout à coupler avec l’atteinte ou non de l’objectif que l’on s’était fixé. Pour, cette idée de « succès ou non » est avant tout une paraphrase des actes que l’on réalise (Oma Dessala adore les paraphrases). A ne pas confondre avec la notion de « succès » au premier degré…

    Il est vrai qu’en tant que juriste, les intentions ne peuvent avoir la moindre valeur. Au mieux, elles peuvent être traduites en mots, qui les déformeront peut-être déjà rien qu’en les formalisant. Pourtant, l’intention est le moteur de l’acte. Il serait fortement incomplet de l’ignorer. 🙂

  4. Ekho a écrit :

    Il est vrai qu’en tant que juriste, les intentions ne peuvent avoir la moindre valeur. Au mieux, elles peuvent être traduites en mots, qui les déformeront peut-être déjà rien qu’en les formalisant. Pourtant, l’intention est le moteur de l’acte. Il serait fortement incomplet de l’ignorer.

    Par manque de temps je n’avais pas commenté plus en avant, mais tu résumes parfaitement ma pensée 🙂

    Pour en revenir à ce que disait Tharkun, et à deuxième lecture, ces deux citations sont très loin d’être paradoxale: on parle de jugement, mais le juge y est différent dans les deux; soit même pour la première, « le monde » dans la deuxième.
    J’ai décidément beaucoup la dyade que tu as choisis, elle reflète de façon très pertinente la plupart des conclusions que je tire dans ma vie personnelle du droit civil, sur les notions de jugement, condamnation et plus généralement sur la valeur.

  5. Rigoureusement, les deux citations ne parlent pas tout à fait de la même chose : la première parle d’un jugement sur soi, et la deuxième du jugement des autres.

    Je ne m’y connais rien en droit, mais il ne me semble pas que les intentions n’aient aucune valeur : par exemple la notion d’homicide involontaire existe.

  6. La première citation parle des intentions, mais j’ai l’impression en reprenant le contexte qu’il faut que les intentions soient transformées en actes pour qu’on ne juge que sur les intentions. Leurs réussites ou échecs n’influent pas dans la balance certes, mais il faut tout de même que ces intentions soient allés plus loin que de simples pensées.
    Cela signifie que nous sommes jugés sur les intentions que nous avons transformé en actes.

    Le jugement se fait donc sur les actes. ^_^

  7. Question de droit ou de… théologie ?

    Pour ce qui est de la « justice des hommes », l’histoire nous a conduit à admettre un système juridique « positif », c’est-à-dire, calqué sur l’administration de preuve, en occurrence la preuve de la culpabilité par rapport à une présomption d’innocence originelle. Or on ne peut pas « prouver » des intentions, à moins d’être doté de pouvoirs psy (sans doute avez-vous vu le film « Minority Report » ?). Mais cela n’est pas tout : le deuxième grand pilier de notre système judiciaire est qu’il est réparateur et non punitif. Ce qui veut dire qu’on met l’accent sur les conséquences néfastes des actes (le coupable doit racheter ses fautes, les « réparer ») et non sur des actes qui seraient en eux-mêmes mauvais et nécessiteraient par principe l’application d’une vengeance (couper les mains des voleurs par exemple). L’intention avouée n’est qu’un facteur aggravant (différenciant le meurtre de l’assassinat), de même que l’absence manifeste d’intention (comme le souligne Eldermé pour l’homicide involontaire) n’est, lui, qu’un facteur atténuant.

    Dans la tradition chrétienne par contre, même si de nos jours ça s’est un peu fâné, il y a quatre formes de péché : pensée, parole, action, omission. Baigné dans la situation de faute dès sa conception à cause du péché originel, l’homme se doit de rechercher la sainteté pour obtenir pleinement la grâce divine, mais la moindre pensée impure suffit à ternir cette sainteté, et nécessite une repentance. D’où l’image classique du moine qui se flagelle pour avoir regardé la poitrine d’un dame pendant la messe…
    Bien entendu, même si certains péchés peuvent blesser autrui, c’est surtout l’individu dans sa relation à son salut qui est « blessé ». Pendant très longtemps d’ailleurs, même si ce n’est plus accepté aujourd’hui, la justice civile ne pouvait pas ordonner que soit brisé le sceau du secret de la confession à un prêtre, même en cas d’assassinat. On peut rapprocher ça (du moins tant qu’on y regarde pas de trop près) de la notion de karma dans la religion hindouiste. La première citation parle donc bien du « bilan de notre vie », quelque chose qui s’établit globalement, « après » la vie, et qui n’a de conséquence que pour l’auteur, sans relation avec les conséquences propres des actes faits ou non…

  8. Aaah ! Je me disais bien qu’il manquait la réaction de Dark Para à ce genre d’article ! 😀

    Vos commentaires à tous sont très intéressants, j’y répondrai dés que je trouverai un peu de temps (ce soir, j’espère).

  9. @ Rico et @ Eldermê :

    C’est amusant, car je n’avais même pas fait attention au fait que le mot « juge » était présent dans les deux citations (même si le concept y était évidement, pour moi) ! Mais je ne suis pas tout à fait d’accord pour dire que le juge n’est pas le même.

    En fait le juge pourrait-être le même : soi-même. La question est donc dois-je me juger d’après mes intentions ou d’après mes actes ? D’ailleurs, dans la seconde citation, si Rachel dit ça en pensant aux « autres », Bruce l’interprète pour lui-même (du moins, c’est comme ça que je l’ai compris).

    Exemple bateau : une fille se fait harceler dans le bus. Dois-je être fier d’être choqué ? Ou dois-je avoir honte de ne pas réagir ? (Bon, en relisant, cet exemple n’est pas forcément bien trouvé, mais ça donne une idée…)

    Content que ces citations te plaisent, Rico, et j’aurais appris la signification du mot « dyade ».

    @ Tharkun:

    Je pense exactement le contraire ! 😀 En fait, dans le contexte, je pense qu’il s’agit purement des intentions, justement. Oma Dessala souhaite connaitrez l’âme de Daniel, donc la transformation en actes n’a que peu d’importance pour elle, je pense.

    Ceci dit, tu soulève un point intéressant. Pour accorder un peu d’importance aux intentions, il faut effectivement qu’elles aient été transformées en actes quels qu’ils soient. Cependant, on reste jugés sur les intentions de départ, et non sur leurs traductions.

    @ DarkPara:

    Amusant que tu opposes les deux. Car si je me doute que tu sais bien qu’Oma Dessala est un « guide spirituel », je ne suis pas sûr que tu te souvienne que Rachel Daws est un procureur. ^_^

    Toujours très intéressant tes commentaires, et j’avoue que je ne sais pas trop comment y répondre.

    Si ce n’est que comme dit plus haut, tu associe les actes au jugement des autres, et les intentions à une sorte d’autocritique. Moi, j’ai tendance à ramener les deux à moi-même, et tant que propre juge de mes intentions ET de mes actes.

  10. Ouah, quel débat déjà lancé alors que je ne vois que maintenant ce billet.

    J’ai commencé à répondre avant d’avoir lu les commentaires qui me précèdent, et maintenant que je les ai lu je ne sais qu’ajouter. Tout a plus ou moins été dit…

    Je trouve quand même que vous partez rapidement sur l’aspect « justice » du mot juger. Comme le dit Ekho dans sa réponse, il y a aussi le jugement personnel, ou même par autrui mais n’ayant rien à voir avec une faute.

    Dans ce contexte, je dirais qu’il n’y a pas de réponse fixe. Il est difficile de trancher sur un tel sujet, et si on le faisait, les avis seraient diamétralement opposés selon les personnes. (d’ailleurs il est très intéressant de constater que personne n’a donné d’avis penchant vers l’une ou l’autre des citations).
    D’ailleurs, les intentions ne se concrétisent pas toujours en actes, Mais que les actes ne proviennent pas toujours d’une intention (ou pas consciente en tout cas) et je pense que les deux aspects doivent avoir une importance (même si ce n’est pas forcément le système qui a été choisi pour la justice en France).

  11. Je suis assez d’accord avec Keeper. Ce débat est partis sur la justice, j’ai pas trop compris d’ailleurs parce que le contexte des deux citations ne s’y prête pas vraiment, même si Rachel Daws est un procureur.

  12. On est parti sur la justice parce que c’est un cas extrême donc « pur » de ce qu’est le jugement. D’ailleurs, personnellement, je n’ai pas parlé que de justice, dans le sens la « justice divine » est ce qui détermine, pour beaucoup, le fondement de la morale (les autres thèses principales étant : une loi naturelle issue des conditions d’existence de l’espèce humaine, pour les positivistes athées ; une invention des « faibles » pour contrôler les forts, selon Nietsche-version-café-du-commerce).

    Par contre, je vois mal en quoi la seconde citation peut s’appliquer à l’auto-analyse. Elle utilise la voie passive (« nous sommes jugés ») et non la voie pronominale (« nous nous jugeons »), et pour moi l’on ne peut y voir que la postérité. En effet, ce « qui que l’on soit au fond de nous » impose une externalité du jugement, incapable, justement, de voir au fond de nous. Il est par contre impossible de ne juger en toute objectivité que les actions, dès lors qu’on a connaissance des intentions.

    Au fond, la vraie question, c’est de savoir où commence notre libre-arbitre : seulement à l’acte, ou dès l’intention ? À moins de souffrir de pathologie psychiatrique, il est admis que l’action, elle au moins, est soumise au libre arbitre. Et ce, même si beaucoup de gens cherchent à se dédouaner en confiant leur pouvoir décisionnel à une autorité hiérarchique supérieure (le cas du fameux petit fonctionnaire face au système, invoqué par les khmers rouges [NDLAHS : notez comment j’ai évité le point Godwin !], et dont Milgram a montré qu’il ne fonctionnait pas si bien que ça).
    L’intention, par contre, est plus floue : les désirs sont, eux, incontrôlés. Et ce sont eux qui motivent beaucoup d’élans. Notre raison passe au moins autant de temps à décider d’agir qu’à réfréner nos désirs, des plus légitimes aux plus absurdes.
    Et encore, pour revenir sur ma première affirmation, l’action elle-même est-elle toujours contrôlée ? Lorsque certains désirs sont trop forts, ils peuvent prendre la forme de pulsions qui court-circuitent la prise de décision logique – que celui qui a déjà réussi à résister et ne pas gratter un bouton de moustique une seule fois jusqu’à guérison complète ose dire le contraire. Et ça peut aller loin, jusqu’à la mère lessivée qui étouffe son bébé pour le faire (enfin !) taire, en même temps soulagée et catastrophée par son acte…

    Vient alors la très galvaudée distinction entre « responsable » et « coupable ». Celle-là, elle a fait couler de l’encre. Est-on vraiment responsable lorsqu’on perd momentanément le contrôle de la situation ? Où lorsqu’on agit sans être en connaissance de cause ? « Mais je savais pas que mettre un chat au micro-onde allait le tuer ! », pour faire référence à un procès tristement célèbre…
    Un dicton (catholique) ne dit-il pas « l’Enfer est pavé de bonnes intentions » ?

    À l’opposé, vient aussi le fait que notre champ d’action n’est pas illimité, et que même avec les meilleures intentions du monde, il nous faut faire avec ce qu’on a, c’est à dire bien peu. Si la cause pour laquelle je me bats est irrévocablement perdue, dois-je tout de même « mourir en essayant », pour la beauté du geste ? Ou « vivre, pour se battre (éventuellement) un autre jour » ? Le pharisianisme, ou le compromis ? Aucun des deux n’est irréprochable, d’où le problème.
    C’est LA grande question de tout héros qui se respecte, suffit de revoir quelques films ou de relire quelques romans ou BD si vous n’êtes pas convaincus !…

  13. Pour moi la solution est très simple : il faut juger les gens avec le maximum d’information.

    Or, pour un observateur extérieur, ce maximum d’information, ce sont les actes et/ou paroles. Il ne peut donc que se baser sur ça pour juger
    Pour de l’autocritique, on a accès à nos motivation (dans une grosse partie, du moins), et à nos actes. On doit donc se baser sur tout ça pour se juger.
    Pour moi les deux citation ne se complète pas.

    [quote=Ekho]D’ailleurs, dans la seconde citation, si Rachel dit ça en pensant aux « autres », Bruce l’interprète pour lui-même (du moins, c’est comme ça que je l’ai compris).
    Ce qui est important, c’est comment la phrase a été dite. La façon dont Bruce l’interprete (qui n’est peut être la bonne interpretation) n’a aucun effet sur la phrase en elle même.

    Pour moi, la seconde citation, c’est un peu captain obvious, et elle n’apporte pas grand chose, car évidente (les gens n’ont que ça pour nous juger, alors, ils vont nous juger sur ça ! wahoo, j’aurais pas pensé !).

    La première, elle, est plus polémique. Comme je disais plus haut, j’estime qu’il faut juger avec le maximum d’info possible, or la première citation néglige volontaire une des deux sources d’infos, les actes. Une infirmière TRES maladroite qui tuerait des gens sans faire exprès mais avec la meilleure volonté du monde ne devrait se sentir fière d’elle même, à mon avis. Or, si on prend la première citation au pied de la lettre, elle devrait.
    La qualité d’une personne, selon moi, est la « bonté » de ses intentions, plus sa capacité à les concrétiser.

  14. @ Keeper et @ Tharkun:

    En fait, ce sont les contenus des citations elles-même qui induisent la notion de justice. On parle bien de juger quelques chose (les intentions ou les actes), ce qui implique une notion de Justice, avec un grand J.

    @ DarkPara:

    Je ne suis pas d’accord dans ce que tu dis au début : le « qui que l’on soit au fond de nous » ne signifie pas qu’on l’ignore, il signifie qu’il n’a pas d’importance.

    Pour ma part, quand je pense à la portée des actes, je pense effectivement plus à mes limitations à les faire s’approcher de mes intentions, qu’aux actes dénués d’intentions… D’ailleurs, ça fait une jolie mise en abime :
    1- j’ai des intentions ;
    2- j’agis en conséquence ;
    3- mais j’ai aussi l’intention que mes actes correspondent à mes intentions ;
    4- je réalise donc des actes en ce sens, aussi ;
    5- boucle à partir du n°3.

    Lyr a écrit :

    Ce qui est important, c’est comment la phrase a été dite. La façon dont Bruce l’interprete (qui n’est peut être la bonne interpretation) n’a aucun effet sur la phrase en elle même.

    Je ne te donne qu’en partie raison, car mon intention, en donnant cette citation, était autant la phrase prononcée par Rachel, que celle (identique) prononcée par Bruce plus tard dans le film, et qui n’est (pour moi) destinée qu’à lui-même. Ceci étant, joli démonstrations que mon actes ne correspondait peut-être pas tout à fait à mon intention ! ^_^

    Pour moi, la seconde citation, c’est un peu captain obvious, et elle n’apporte pas grand chose, car évidente (les gens n’ont que ça pour nous juger, alors, ils vont nous juger sur ça ! wahoo, j’aurais pas pensé !).

    Ben écoute, pas tant que ça je trouve. Moi, quand je constate un acte (souvent un acte répréhensible), la première question que je me pose, c’est « quelle était l’intention ». Je crois que j’ai justement tendance à ne pas vraiment juger sur les actes. Un autre adage : « tout le monde à droit à l’erreur » ; on ne peut se permettre de juger sur une erreur.

    Pour l’exemple de l’infirmière, je ne sais pas. Vaut-il mieux échouer en essayant, ou rester les bras croisés ? Ca dépend des circonstance (comme d’hab’), je suppose…

    Mais je suis assez d’accord avec toi :

    La qualité d’une personne, selon moi, est la « bonté » de ses intentions, plus sa capacité à les concrétiser.

  15. @Ekho :
    Evidement que l’on se pose la question de « quelle était l’intention ». Seulement, cette info nous est cachée. Après, tu me dira que l’on peut, par la discussion avec la personne, connaître son intention. Mais c’est faux car :
    – Tu ne peux pas savoir si la personne ment.
    – Même si elle ne « ment » pas, le passage par les mots déforme l’intention
    De plus, le fait de parler est une action. donc si tu te base sur sa parole pour juger, tu te base bien sur ses actions.
    Dans ce cas, ta seule façon d’estimer l’intention, est de l’estimer, par rapport à tes connaissances et ton vécu. N’empêche que ces paramètres te sont propres, et ne sont pas ceux que la personne jugée. Au final, la seule donnée que tu peux capter et qui vient de la personne jugée, ce sont ses actes. Les autres éléments du jugement te sont propre.
    Donc en finalité, tu ne le juge que par ses actes et tes propres paramètres. Mais comme tes propres paramètres sont déjà inclus dans le fait que « tu juge », tu ne juge que l’autre par ses actes.

    Si par tes échecs tu rend pire la situation des autres et la tienne, alors il vaut mieux resté les bras croisés. Le problème, c’est que souvent tu ne connais pas les conséquence d’une action avant sa réalisation.

  16. Je me dois de « plussoyer » Lyr sur plusieurs points, notamment sur le fait que le discours tenu par un acteur sur son action est toujours, sans pour autant être mensongère, interprétée. Il serait utopiste de penser que, dans le feu de l’action, lorsque beaucoup d’événements s’enchaînent, toutes les actions que l’on fait soient rationnelles. Et cependant, toute personne rationalise en permanence son vécu, afin que son parcours biographique fasse sens, parce qu’admettre qu’on ne réagit pas toujours pareil, ça fait presque schizophrène, donc mieux vaut organiser ses propres souvenirs de manière logique, quitte à masquer les « vraies » intentions – ou l’absence d’intention – du moment.
    Lorsqu’on lit une autobiographique, bien souvent, on a l’impression que tout s’enchaîne logiquement, avec des relations fortes de cause à effet : le héros était nécessairement destiné à devenir un héros du syndicalisme, parce que, à cinq ans déjà, il avait mené une révolte des petits de maternelle contre les caïds de l’école primaire d’à côté…

    Ça a d’ailleurs une conséquence du point de vue de l’autoanalyse : la première citation est selon moi très faible, car bien souvent ce n’est pas de l’intention initiale qu’on se souvient, mais de la reconstruction a posteriori d’une intentionalité logique et rationnelle, face à des actes – ou des moments de passivité – qui ne le sont parfois pas…

    J’aimerai d’autre part revenir sur quelque chose que tu as dite (enfin écrite), Ekho :
    Ekho a écrit :

    Un autre adage : « tout le monde à droit à l’erreur » ; on ne peut se permettre de juger sur une erreur.

    Là, je ne suis pas du tout d’accord. Une erreur, même si elle relève d’une bonne intention et n’est pas commise de son plein gré, reste une erreur. Il est tout à fait normal qu’un individu ne soit pas jugé de la même façon pour un assassinat que pour un homicide involontaire, il n’empêche qu’il ne serait pas juste non plus que l’auteur accidentel d’un homicide involontaire soit exempté de toute réparation (au sens judiciaire). Il faut assumer aussi bien ses erreurs que ses fautes, et ne pas oublier que contrairement à ce que laisse penser l’expression « passer l’éponge », le pardon n’implique pas DU TOUT la notion d’oubli.

  17. Ekho a écrit :

    Content que ces citations te plaisent, Rico, et j’aurais appris la signification du mot « dyade ».

    [HS] J’ai d’abord lu « dryade » et je ne voyais pas trop le rapport 😀 J’ai dû trop jouer à Heroes ces derniers temps… [/HS]

    Il y a déjà eu beaucoup de commentaires fort intéressants et je n’ai pas grand chose à rajouter. Si, peut-être faudrait-il préciser la signification du mot « intention ». Dans le contexte des citations, je le comprends comme le but qu’on a voulu donner à ses actes, non comme un souhait vaguement envisagé sans qu’il y ait « passage à l’acte ». Pour reprendre l’exemple de Ekho sur le harcelement, tu ne pourrais pas être « fier d’être choqué » en référence à tes nobles intentions si tu te contentais de ne rien faire, parce qu’en fait tu n’aurais pas vraiment eu l’intention d’intervenir.

    Globalement je « plussoie » Dark Para (et donc indirectement Lyr).

    Pour le fait qu’une autobiographie parait cohérente, je pense que c’est aussi dû au fait que les évèvements qui n’ont rien à voir avec le reste n’ont pas grand intérêt pour le lecteur, donc autant ne pas en parler. Je n’y vois pas qu’une envie de rationnaliser sa vie.

  18. Je reviendrais juste sur

    Ekho a écrit :
    Un autre adage : « tout le monde à droit à l’erreur » ; on ne peut se permettre de juger sur une erreur.

    Déjà, on ne se permet pas de juger ou pas. On juge. En permanence. Ce n’est même pas un acte conscient, pour une grande partie.
    Je suppose que cette phrase veut plutôt dire : « on ne peut se permettre de baser ses actes sur le jugement d’une personne suite à une erreur de sa part ».
    Sur le principe, je suis relativement d’accord, les erreurs, ça peut arriver à tout le monde, on ne va pas mettre la personne au pilori pour une erreur (encore que, ça dépend de l’erreur, hein !)
    Mais bon, parfois, les seuls infos que tu as de la personne, c’est l’erreur qu’elle vient de faire, et il faut que tu prenne une décision relative à cette personne. A ce moment là, tu es obligé de baser tes actes sur la connaissance partielle que tu as de la personne.

    La phrase que tu cite donne une façon de réagir à cette situation qui est :
    – Tu as un certain niveau de « confiance » globale envers les inconnus.
    – Si le jugement que tu as d’une personne se base sur des faits arrivé une fois, et t’incite à lui accorder moins de confiance qu’à un inconnu, alors ignore ton jugement en considérant qu’il se base sur des informations insuffisantes, et accorde à cette personne au moins le niveau de confiance que tu accorde à un inconnu.
    – Il est à noter que la phrase ne dit rien du cas où ton jugement t’incite à un niveau de confiance plus élevé qu’envers un inconnu, mais toujours basé sur un unique fait de la part de la personne en question. On suppose donc que dans ce cas là, il faut suivre son jugement.

    C’est donc une phrase qui souligne une vision optimiste du genre humain, qui considère que les mauvaises actions comme des exceptions au milieu des bonnes actions.

    Je ne peux sinon qu’être d’accord avec DarkPara, sur le fait que le pardon n’implique nullement l’oubli. Un violeur qui a purgé sa peine est « pardonné », mais s’il recommence, il y a récidive (il n’y a donc pas eu oubli).
    Dans le même genre, beaucoup de gens confondent « excuse » et « explication ». Le fait qu’un chauffard tue quelqu’un parcequ’il est bourré est une explication, mais pas une excuse. Le fait d’être bourré est à priori de son propre fait, et il n’a donc pas d’excuses.

  19. Joli débat 🙂
    Comme Eldermê, je ne vois pas grand chose à rajouter.
    Quelques mots en vrac.

    – la première citation:
    cette citation est centrée sur la personne. Le moi par moi pour moi.
    J’interpète la citation en quelque sorte comme un travail sur soi pourfaire l’auto-bilan de sa vie, avec une notion de neutralité, incarnée par le « jugement », que je suppose objectif ici.
    Avec ce caractère neutre, nous sommes ici loin de Gémini Criquet, bonne conscience et moralité.

    Les intentions sont beaucoup plus riches en information que les actes, mais ne peuvent être dissociées à mon avis.
    Un succès est d’autant plus marquant personnellement que l’intention de réussir et les moyens pour y arriver ont été importants.
    L’intention est primordiale pour mesurer l’ampleur d’un succès personnel, et d’un échec.
    « L’important, c’est bien de participer, non? » 😀
    C’est aussi de vouloir gagner!

    – deuxième citation:
    dans le film, Batman est clairement à la limite de la légalité, il enfreint la loi sur des dizaines de points. Dans un système sclérrhosé où seul pour lui le résultat compte.
    Il tabasse des (pas très) honnêtes gens et détruit du matériel publique quand même!
    Que ce soit un acte de vengeance (tu as tué mes parents, je t’éclate sur le bitume), de justice « pure » (qu’importe les moyens, les méchants mangeront du pissenlit en prison avec des cotes cassées), ou pour impressionner la voisine (une jolie p’tite blonde), ce sera l’acte qui sera jugé et non le « pourquoi tu as fait tout ce bruit Batman! »

  20. @ Ekho:
    Je ne trouve pas que ces citations impliquent la Justice. Pour moi, dans ces deux citations (surtout la première) le mot juger m’évoque plutot la notion de critique, ou de jugement moral, et non la Justice défendue par les magistrats. Comme l’a dit Lyr, on juge en permanence. On ne rends pas justice. (je ne sais pas si ma phrase est très bien choisie, mais vous comprendrez la nuance je pense. Sinon je reformulerais).

  21. @ Keeper: j’aime bien ton point de vue.
    Le mot « jugement » et tout son champ lexical prend plusieurs sens, suivant que l’on se place d’un point de vue divin (Darkpara represent #7), d’un point de vue juridique (Ekho) ou de ton point de vue et celui de Lyr.

  22. Mais de quel droit les autres porteraient-ils des jugements sur la vie et la façon de vivre des uns et des autres? Chacun vit comme il veut seul le respect des autres et de soi même est primordial

  23. restification
    « Qui que l’on soit, au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes. »

    Mais de quel droit les autres porteraient-ils des jugements sur la vie et la façon de vivre des uns et des autres? Chacun vit comme il veut seul le respect des autres et de soi même est primordial

  24. @ stoner27:

    Salutations stoner27 !

    (Sans relire les commentaires ci-dessus, et en étant pas super bien réveillé…)

    M’est avis que ce n’est pas un droit, c’est un fait. Ne pouvant t’introduire DANS l’esprit de quelqu’un, tu ne peut t’en faire une idée qu’au travers de ses actes. Que saurais-tu de ses intentions ?

    Et même en supposant que ce n’est pas un fait, m’est avis que c’est un devoir. Nous sommes doués de conscience, d’un esprit critique, de valeurs personnelles, etc. C’est pour les exercer ! Sinon, ça fait de nous des coquilles vides ! D’ailleurs, comment peux-tu agir dans le monde, sans avoir d’avis ou de jugement ? Émettre un avis est primordial, pour moi (même si celui-ci peut très bien ne pas être exprimé). Pour ma part, je « juge » (même si le mot est sans doute trop fort) tout ce que je vois : j’y réfléchis, j’essaye de comprendre, et je m’en fait un avis.

    Sur ce, je vais prendre un bon café…

  25.  » Chacun vit comme il veut  »

    bah dis donc… ça se voit que t’es pas marié et avec des enfants 😀

    chacun vit comme il veut , ce sont des mots refletant un grand egoisme/individualisme
    mais pour moi , vivre avec les autres c accepter de ne pas faire ce qu’on veut .

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