Jour J

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Uchronie ! C’est le maitre mot de cette nouvelle « série » de BD éditée chez Delcourt, et un concept que j’aime beaucoup. Le principe est simple : à quoi ressemblerait le présent, si un évènement du passé s’était déroulé autrement. Par exemple, si la mission Apollo XI n’avait pas réussi à se poser sur la Lune, au profit d’une mission soviétique ? Ou si le débarquement en Normandie avait été un fiasco à cause d’une tempête, laissant l’armée Rouge libérer Paris ?

C’est donc sur cette base que s’articule cette série, avec cependant une première particularité à souligner : chaque album est un « one shot ». Il s’agit d’un récit autonome, totalement décorrélé des autres albums. En fait, chaque album illustre une uchronie différente. C’est un petit peu déstabilisant au départ, et ça limite le développement de chaque tome, mais c’est un parti pris. De manière comparable à la Geste des chevaliers dragons, chaque tome est aussi l’occasion d’apprécier un dessinateur différent. Cela permet des sorties de chaque tome plus rapide, chaque dessinateur travaillant en parallèle sur une histoire différente.

Pour l’instant, deux tomes sont sortis, sur les deux thèmes évoqués dans le premier paragraphe. Le premier traite de la coopération entre astronautes américains et cosmonautes russes sur la Lune, tandis que la guerre froide gronde sur la Terre entre leur deux nations. Les dessins sont un peu lisses à mon goût, et le scénario est assez étrange, parfois peu crédible. Si le principe m’avait poussé à acheter ce premier tome, j’avais finalement été un peu déçu en refermant l’album.

Le second tome se déroule donc dans un Paris découpé en deux. Le style de dessin est nettement meilleur je trouve, tout comme le scénario, moins prétentieux. En réalité, avant de lire Jour J, il faut bien comprendre deux point importants. Le premier, c’est que c’est une série tout à fait réaliste (par opposition à des séries uchronique telles que Luxley ou Marie des dragons, qui tendent clairement vers le fantastique). Elle exploite comment auraient évolué les choses si un évènement s’était passé différemment, de manière tout à fait cohérente. Le second, c’est que le contexte uchronique sert avant tout… de contexte ! Dans ces deux premiers tomes, on suit en réalité une histoire assez circoncise, et la dimension uchronique est avant tout là pour poser le décors. Elle n’en n’est pas l’enjeu. Contrairement à Luxley qui va tout faire pour repousser les Amérindiens et donc « redonner à l’histoire un semblant de cours normal », Jour J prend le partie de raconter des histoire ponctuelles dans un monde uchronique.

Autre point intéressant : Jour J se déroule systématiquement dans le passé. Autrement dit, l’évènement déclencheur de l’uchronie à lieu à un instant t1, puis l’histoire se déroule à un instant postérieur t2, qui reste dans un large passé par rapport à nous. Le parti pris semble d’explorer des histoire alternatives cantonnées dans le XXième siècle.


Deux styles différents pour les deux premiers tomes

Dernier point interessant : la quatrième de couverture nous montre d’ores et déjà les différents tomes qui composeront la série. En 5 albums au total, nous devrions donc encore explorer les uchronies suivantes :

  • Et si l’allemagne avait gagné la première guerre mondiale ?
  • Et si c’était les anarchiste (et non les soviétiques) qui avaient fait la révolution de 1917 ?
  • Et si l’assassinat de Kennedy avait eu lieu 10 ans plus tard ?

A suivre… De près !

Cet article a été publié il y a 11 ans. Son contenu est sans doute daté, tant sur la forme que sur le fond... Toutefois, cela n’empêche pas d'échanger à son propos. N'hésitez donc pas à vous exprimer en commentaires.

Geek bordelais, féru de science, amoureux de technologies, mordu de SF, amateur de fantasy, épris de jeux en tous genre, adepte de réflexions diverses. Et j'aime le canard, aussi.

5 commentaires

  1. Sur « et si les Allemands avaient gagné la seconde guerre mondiale », il y a un roman sympa, Fatherland de Robert Harris, c’est une intrigue policière avec un parti-pris très réaliste.

    Mais toutes ces propositions d’uchronies sont intéressantes, j’attends de voir ce qu’ils vont en faire.

  2. Pas directement – j’ai lu des critiques, mais je ne les ai pas eues entre les mains.

    Dernièrement, j’ai eu un gros coup de cœur pour Le Voyage avec Bill, de Matthias Schulteiss.

  3. Dans l’ensemble, les critiques disent la même chose que toi : moyen pour le tome 1, bon pour le 2.

    Le Voyage avec Bill, c’est une sorte de road-movie en BD, une histoire d’amitié qui évolue vers le fantastique. Avec de super planches à l’aquarelle.

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