30 tomes de Geste

La Geste des Chevaliers Dragons, aux éditions Soleil, est l’une de mes sagas en BD préférées ! Elle m’avait été conseillée par l’ami Lyr au tout début des années 2000 (elle ne comptait que 2 tomes à l’époque). Je vous en parle depuis 2008, mais à l’occasion de la sortie du trentième tome, et suite à ce commentaire de Eldermê, j’ai eu envie de relire toute la série, et je vous propose ci-dessous une courte critique de chaque tome.

Nul ne sait pourquoi les dragons apparaissent…

…Leur seule présence déforme la réalité.

D’abord, cette influence est discrète et n’affecte que les lieux proches. Puis, à mesure que le dragon grandit, vieillit, le voile maléfique croît comme des ronds à la surface d’un lac. Nous l’appelons le veill.

Le veill tord les choses, transforme les animaux et les gens en êtres monstrueux. Il croît et croît encore, semant mort et destruction sur son passage. Pour le faire disparaitre, il faut que le dragon meure. Mais comment combattre une bête dont les sens magiques perçoivent tous les êtres vivants qui se meuvent autour de lui ?

Seule les vierges échappent à cette vigilance démoniaque.

Seules les vierges ne sont pas rongées par le veill.

Seules les vierges peuvent approcher la bête pour la tuer.

C’est pour cela qu’à été créé notre ordre.

– Chevalier Oris (Geste des Chevaliers Dragons, tome 1, page 1)
Prose régulièrement reprise, parfois avec variations, tout au long de la Geste

Pour rappel, cette série propose des histoires en un tome, contant les prouesses des chevaliers dragons, organisation guerrière exclusivement constituée de femmes vierges et subdivisée en plusieurs ordres généralement rattachés à de grandes villes. Les chevaliers dragons ont pour vocation de tuer des dragons capables de corrompre leur environnement, mais elles doivent également gérer des problématiques bien humaines (amour, politique, devoir, sacrifice, corruption…). Dans la Geste des Chevaliers Dragons, la poussière des chemins arides se mêle à la mélancolie d’histoires qui ne se terminent que rarement bien.

Attention aux spoilers ! La suite de cet article risque de vous divulgacher spoiler une partie de l’œuvre. Mieux vaut donc continuer cette lecture si vous avez déjà connaissance de son contenu, ou si vous ne souhaitez pas vous en garder toutes les surprises. Il n’y aura pas de grosse révélation directe (elles seront masquées, à vous de les afficher manuellement) mais de légers spoilers sont à craindre au fil de l’article.

Si je prend soin de ne pas révéler les conclusions de chaque album, je ne pourrai pas passer à côté des évolutions majeures au cours de la série, en particulier à partir du tome 18.

Le scénario est signé Ange, mais chaque tome est dessiné par un artiste différent (avec quelques uns qui reviennent tout de même pour plusieurs tomes). Chaque tome propose une histoire indépendante, suivant des personnages différents, en des lieux et des époques différentes, mais toujours dans le même univers et reliés entre eux de manière plus ou moins évidente.

Tome 1 : Jaïna

Le chevalier-dragon Jaïna et son écuyère Ellys sont envoyées en second recours pour affronter un dragon. Celui-ci aurait survécu à un premier chevalier, Dara, qui se trouve être la soeur ainée de Jaïna. Mais les hommes ne sont-ils parfois pas pires que les monstres ?

Un très bon premier tome, qui pose bien les bases de l’univers de la Geste, ainsi que les codes de la saga, sans pour autant sacrifier au scénario. Je suis juste dubitatif (et je l’ai toujours été) sur la manière dont est finalement vaincu le dragon. Une bonne introduction, donc. Et nous retrouverons Ellys dans le tome 12.

Note : 7 sur 10.

Tome 2 : Akanah

Akanah et Eléanor sont deux novices rebelles, qui accompagnent le chevalier Oris en mission diplomatique dans le nord. Or un dragon vient d’y être déclaré, et les contrées environnantes sont hantées par les brigands et les monstres du veill. Lors de leur voyage à bord d’un navire volant, elles font la rencontre de Jan, un jeune prêtre-cartographe, envoyé en mission et sensé être protégé du veill par un talisman…

Second tome et encore un très bon scénario, à la fin incertaine, et qui n’oublie pas de nous faire découvrir le monde de la Geste : villes, royaumes, différentes écoles de l’ordre des chevaliers dragons, légendes, etc. Dans mon souvenir, il était plutôt similaire au tome précédent ; mais à la relecture, c’est assez peu le cas. Dés ce second tome, des liens subtils sont tissés, avec le tome précédent mais également avec la bataille de Brisken (plus bas) ou l’histoire de la Faucheuse d’Ishtar (tome 21). Nous retrouverons également Akanah et Eléanor dans le tome 19.

Note : 7 sur 10.

Tome 3 : Le pays de non-vie

Ce tome propose deux histoires croisées… Celle du chevalier Mara, envoyée enquêter sur une mystérieuse épidémie dans une région reculée. Et celle d’une petite fille issue d’une famille de « chasseurs de veill », qui explorent les territoires tous juste délivrés des dragons, pour y chercher des pierres précieuses et magiques générées par le veill.

Toujours un très bon tome, centré cette fois-ci sur le thème de la famille… Famille refusée aux chevaliers, famille compliquée pour la fillette, où rancoeurs de mèlent à de vieux secrets. Au delà du scénario, nous découvrons encore de nouveaux aspects du monde de la Geste, avec les soeurs de la vengeance (dernière défense de l’Ordre, qui génère des ravages irrémédiables, cf. tome 29), mais aussi l’existence de personnes sensibles au veill et à la magie des dragons, capable de les lire à un certain niveau. Le lien avec le tome précédent est très plaisant, et subtil.

Note : 8 sur 10.

Tome 4 : Brisken

Messara, capitale de l’Empire, foyer de l’ordre des chevaliers dragons le plus puissant… Aujourd’hui, la citée est menacée par des vagues de créatures du veill qui se rassemblent au dela de la passe de Brisken. Désarmé et désespéré, l’empereur fait appel aux chevaliers dragons pour protéger Messara des monstres, dans l’attente de renforts imminents. Mais ceux-ci tardent dramatiquement à arriver…

Premier tome de la Geste sans affrontement avec un dragon, et pourtant c’est l’un des meilleurs opus de la saga, rien de moins ! Dés le départ, l’ambiance fataslite est posée et l’on souffre avec les chevaliers des batailles meurtrières, menées vagues aprés vagues, tandis que l’espoir s’amenuise. Contrairement aux tomes précédents, nous avons quitté l’intimité de personnages en petits nombres, pour le fracats des batailles rangées. C’est également avec plaisir que nous continuons à en apprendre davantage sur le monde de la Geste. Les dessins sont extrèmement dynamiques et traduisent bien le chocs des combats, bien que certains visages soient parfois un peu trop déformés à mon goût.

Note : 10 sur 10.

Tome 5 : Les jardins du palais

La solitaire chevalier Ralène, l’orgueilleuse chevalier Snejana et son ingénue apprentie Jo sont missionnées à la recherche d’un ancien médaillon dans les ruines du palais du Doge de Faïza. Vingt ans auparavant, un dragon y était apparu ; bien qu’il ait été occis, les créatures déformées par le veill continuent à hanter la forêt luxuriante qui a progressivement envahi l’ancien palais. Mais le dragon est-il bien mort…?

Une ambiance très différent dans cet opus, qui nous éloigne des environnements rocayeux, désertiques et arides, pour une végétation foisonnante, presque étouffante. J’ai beaucoup apprécié les dessin mêlant les arbres et plantes aux ruines gigantesques. Le scénario, quant à lui, est plus tênu, sans être ininteressant pour autant. Nous retrouverons les jardins de Faïza au cours du tome 29.

Note : 6 sur 10.

Hors-série : Chevaliers Dragons

(Réédité sous le titre « Les contrées du Levant »)

Dans une loitaine île, aux confins de l’extrème orient, une mystérieuse peste fait rage et les haut-prêtres ordonnent le massacre des malades et de ceux soupçonnés de l’être. Mais une jeune fille à des doutes… Ces phénomènes lui rappellent les contes et légendes que racontait sa grand-mère, et qui provenaient – comme elle – d’au-delà des océans. Elle appelait cela, le veill.

Ce tome présente deux originalité : celui-lui d’être une coopération franco-coréenne, et d’être un hors-série, donc non-canon par rapport au reste de la Geste. Mise à part ces deux points, le scénario est on-ne-peut-plus classique et sans surprise. L’ambiance est étrange, dans cette ville asiatique aux allures de XVIIIe siècle. Et les dessins sont assez atypiques ; pas autant que ceux du tome 10, mais ils sont à tendances monochromes avec de grands à-plats de couleurs, et parfois assez confus. Et pour finir, l’armure de chevalier dragon est ridiculement érotique (non, on ne parle plus de « sexy » à ce niveau de nudité).

Note : 4 sur 10.

Tome 6 : Par delà les montagnes

Cet opus se déroule en des temps immémoriaux, alors que les royaumes étaient jeunes et l’ordre des chevaliers dragons n’était pas encore largement établi… Une escouade de chevaliers terrasse un dragon dans les hautes cimes enneigées d’une chaine de montagnes reculée. Le chevalier N’Aria est blessée mais survit à la confrontation. Elle est recueillie par le peuple des Nauris qui, bien que physiquement déformés par le veill, manifeste de la bienveillance à son égard. Or, les chevaliers-dragons doivent purger la région de toutes traces du veill, et donc tuer toute créature qui a subit son influence…

Aprés Brisken (plus haut), ce tome nous propulse beaucoup plus loin dans le passé de l’ordre des Chevalier-dragons, à une époque plus dure, et au cœur d’un débat dans lequel il sera difficile de prendre définitivement parti. Les échanges de points de vue sont intéressants, et l’album joue intelligemment sur le fait que, puisque l’histoire contée est très ancienne, nous n’en connaitrons pas tous les détails. Un nouvel environnement froid et enneigé vient agréablement compléter notre visite du monde de la Geste.

Note : 8 sur 10.

Tome 7 : Revoir le soleil

Dans cette lointaine citée, construite sur les pentes d’un volcan, les castes sont omniprésentes dans la vie quotidienne. Le Haut-lignage dirige la citée depuis un palais inaccessible, tandis que des myriades d’esclaves ne peuvent que vaguement rêver de liberté. Dans ce contexte, quatre chevaliers dragons sont envoyées en mission car un dragon vient d’apparaitre au cœur du volcan…

J’avais gardé un excellent souvenir de cet opus. Et s’il est vrai que les dessins sont de toute beauté (le duo d’auteurs proposera plus tard la décevante série Marie des Dragons), le scénario est pour le coup très convenu, en perspective des tomes précédents. Certains aspects m’ont presque semblé incohérents, comme la réaction du haut-lignage qui semble « servir le dragon », ou le fait que les lames-dragons soient aussi fragiles.

Note : 5 sur 10.

Tome 8 : Le choeur des ténèbres

Le chevalier Marly est envoyée loin dans les terres du sud. Remontant la route commerciale de l’inoire, elle s’enfonce toujours plus profondément dans la jungle et les marécages, à la recherche du chevalier Krista. Mais il semblerait que Marly n’ait pas toute sa tête…

J’avais gardé un très mauvais souvenir de cet opus (cf. ce vieil article) 1, aussi ai-je attaqué sa lecture avec le plus de bienveillance possible, espérant y trouver un sens que j’avais râté auparavant. Mais c’est peine perdue. Cette histoire reste un globi-boulga trés confu, au pretexte que le personnage principal est à moitié fou. Ca n’a ni queue ni tête, le scénario ne va nulle-part, les personnages ont des réactions absconses. Seule l’ambiance pesante, moite et malsaine est à retenir de ce tome. Clairement l’un des moins bons de la série.

Note : 2 sur 10.

Tome 9 : Aveugles

Les chevaliers dragons Mathild de l’ordre de Narak, Loÿs de l’ordre de Messara et Oris de l’ordre d’Ishtar, se réveillent dans des caves souterraines hantées par des créatures du veill. Sans souvenir, elle progressent dans un labyrinthe, et tentent de comprendre. En parallèle, le prêtre Hassan présente ses recherches sur le veill, en espérant obtenir de nouveaux financements pour ses travaux et ses « experiences ».

Toujours pas de dragon à combattre, mais un très bon tome qui continue à nous faire découvrir le monde de la Geste et sert de liant (voire de ciment) à l’ensemble de la saga. Nous retrouvons avec plaisir le chevalier Oris (suivie dans le tome 2 notament), et évoquons les conséquences de Brisken (plus haut), mais de nouvelles informations sont distillées comme l’existence du « Fort » (tome 11) ou l’introduction des ombres (tome 25). J’ai également beaucoup apprécié l’approche scientifique de l’étude des dragons et du veill par le prêtre Hassan (cela sera reprise dans le tome 13 et surtout le tome 27), ainsi que l’animosité évidente entre les clergés et l’ordre des chevaliers dragons (qui sera au centre du tome 16). Les dessins, par contre, sont assez oubliables à mon avis ; et le fin de mot de l’histoire, bien que surprenant, est un poil décevant.

Note : 7 sur 10.

Tome 10 : Vers la lumière

Un navire de transport aérien, comptant notamment un groupe de jeunes apprenties chevaliers dragons, se retrouve par accident au cœur d’un violent combat avec un dragon récemment apparu. Le navire s’écrase au milieu du désert, laissant peu de survivants : un officier bourru, une mère et son jeune fils, un adolescent énigmatique, quelques novices de l’ordre (parmi lesquelles l’apprentie Marik)… Ceux-ci devront trouver le moyen de survivre, en particulier une fois fait prisonniers par les sauvages nomades Sardes des environs.

Etrange album que celui-ci ! Il se pose surtout comme une transition ou une introduction ; il présente des tranches de vie, sans réelle mises en place, ni conclusions. On verra ses conséquences dans les tome 17 et tome 18 en particulier… Mais le résultat pour cet opus est bancal. Il y a de réels enjeux, et on est en droit de s’inquiéter à juste titre pour chaque personnage (peut-être un peu trop nombreux d’ailleurs). Mais l’album ne raconte pas d’histoire ; il a du mal à être « auto-porteur », et on le termine en restant largement sur sa faim. J’avais un assez mauvais souvenir des dessins, mais à la relecture, leur originalité indéniable m’a plutôt plu.

Note : 5 sur 10.

Tome 11 : Toutes les mille et une lunes

Toutes les mille et une lunes, une délégation de chaque ordre de chevaliers dragons se retrouve au Fort, autour de l’Ancienne. Mythique centre secret de l’Ordre, isolé dans le desert, l’assemblée des matriarches décide des orientations prises par les chevaliers, et débattent des règles qui régissent l’Ordre. Mais tandis que l’Ancienne veut revenir à des règles très strictes, les novices qui accompagnaient chaque délégations – dont la très jeune Amarelle – sont soumises à des épreuves cruelles. Et parmis elles, les rumeurs vont bon train : y aurait-il un dragon sous le Fort ?

Ce tome ressemble un peu au précédent : ils raconte nombre d’histoires parallèles avec notamment trois niveaux : l’Ancienne et sa garde rapprochée, le conseil des matriarches, et les épreuves des novices. Mais il est bien mieux mené, et si certains passages demeurent très obscurs (comme par exemple les « femmes qui dorment »), ils trouvent leur sens dans les tomes ultérieurs (le quatorzième et le tome 29). Et comme le tome précédent, celui-ci introduit également des évènements qui seront contés dans les tomes suivants, avec en particulier la Guerre des Sardes (à partir du tome 17 notamment). Plus de détails sur cet opus dans cet ancien article qui lui était dédié, mon avis n’a pas changé dessus. Nous en apprendrons également plus sur le personnage de l’Ancienne dans le tome 30.

Note : 8 sur 10.

Tome 12 : Ellys

Ancienne membre des chevaliers dragons, Ellys est devenue duchesse d’une petite contrée reculée et paisible. Toutefois, entre sa belle famille qui veut se débarrasser d’elle, son impossibilité d’avoir un enfant, la culpabilité de sa faiblesse passée, et le risque que le duc la répudie, celle-ci sombre progressivement dans la mélancolie. Dans ce contexte, les récoltes présentent d’étranges déformations, les brigands des montagnes ont des comportements inhabituels… Tout porte à croire qu’un dragon est apparu dans les environ ! Or, il est trop tard pour prévenir l’Ordre, et Ellys n’étant plus vierge, elle ne peut affronter elle-même la bête.

Premier tome a violer directement la règle principale de la série (chaque tome suit des personnages et une histoire différente), « Ellys » permet de retrouver avec plaisir l’une des protagonistes du tome 1. Entre intrigue de château et dragon à combattre, cet opus nous propose une histoire très sympathique et équilibrée, à l’issue incertaine. C’est anecdotique, mais j’ai aussi apprécié le clin d’œil très subtil au tome 6, qui se passe pourtant des siècles (millénaires ?) plus tôt 2. Plus de détails dans cet ancien article.

Note : 7 sur 10.

Tome 13 : Salmyre

Salmyre est une citée indépendante, reculée et prospère, située loin dans les contrées du sud. Hélàs, son roi est un despote, particulièrement mal conseillé. L’espoir réside en la personne du prince Lancelas, hériter du trône et idéaliste. Mais pour initier une révolution et soulever la ville, il lui faut un symbole fédérateur. Pourquoi ne pas demander son aide à Alène, mythique chevalier dragon originaire de Salmyre ?

De nouveau, un très bon opus que je détaillais dans ce même ancien article. Une fois n’est pas coutume, on vit les péripétie au travers des yeux de Lancelas, ce qui offre des perspectives différentes des tomes précédents. Les dessins sont somptueux, tant dans les actions que les paysages ; et le scénario est à la fois heureux et tragique. On suit un nombre notable de personnages, mais tous sont intéressants et bien définis. En ce qui concerne la continuité de la série, nous retrouvons le chevalier Alia très âgée (c’est elle qui menait l’enquête sur les disparitions du tome 9) et l’on évoque l’approche scientifique du veill initiée par Hassan dans ce même tome, avec pour la première fois un début de piste sur les apparition mystérieuses des dragons.

Note : 8 sur 10.

Tome 14 : La première

Suivons N’dala et sa tribu, aux aubes du monde, dans l’affrontement entre le premier dragon, et la première guerrière.

Dernier tome a avoir été critiqué dans (toujours) cet ancien article. Mon avis à son sujet n’a pas évolué : lecture difficile du fait de la façon de parler de ces hommes primitifs, scénario poussif qui présente même des trous plus ou moins conscients, pour ne pas dire qu’il est mensonger (on ne traite ni de la première guerrière, ni du premier dragon). Et les liens ténus avec le tome 11 n’apportent vraiment pas grand chose. Un épisode oubliable.

Note : 3 sur 10.

Tome 15 : L’ennemi

Loin dans le sud, alors qu’elle effectue du repérage en vue de tuer un nouveau dragon, le chevalier Saraï est enlevée. Elle se réveille dénudée, au milieu d’un immense et incroyablement luxueux harem ! Elle devra désormais faire preuve d’inventivité pour échapper à la « collection » du riche et machiavelique sultan Sakris, alors que leur « nuit de noces » forcée approche dangeureusement. Et Sarai devra procéder seule, car le contexte politique actuel et la guerre des Sardes interdit à l’Empire ou à l’Ordre d’intervenir dans les sultanats Sûnnis.

Cet opus m’a fait l’effet d’être excessif, dans tous les sens possibles. A l’image de Saraï qui ne fait pas dans la demi-mesure, ou du sultan qui collection sans la moindre humanité, le scénario est également sans compromis, que ce soit dans son contexte géo-politique (l’Empire et l’Ordre sont dirigés par deux soeurs, ce qui me semble peu crédible), son scénario finalement trés linéaire, ou sa conclusion en plusieurs étapes, chacune peu subtile. On continue néanmoins à approfondir l’univers de la Geste, que ce soit avec la légende des trois (prolongement d’un mythe découvert au tome précédent), mais aussi la Guerre des Sardes (qui débute au tome 11) qui est désormais un conflit ouvert, appelé à devenir majeur… Les dessins sont également un poil caricaturaux, quoi que sympathiques. Un album moyen, en conclusion.

Note : 5 sur 10.

Tome 16 : La déesse

Aprés avoir vaincu un dragon dans les montagnes, non loin de la cité d’Arsalam, le chevalier Nouri est menée par les habitants locaux vers une statue gigantesque de déesse, cachée dans les profondeurs d’une grotte. Ramenée à la citée, celle-ci commence à faire l’objet d’un culte, encouragé par la ferveur de Nouri et poussé par la nouvelle matriarche de l’ordre d’Arsalam. Encadré par nombre de proverbes, maximes et sagesses populaires venues des montagnes, la nouvelle religion se développe au bénéfice des femmes de la cité. Néanmoins, le culte local en place ne voit pas cela d’un bon oeil…

Un tome assez étrange que celui-ci. On comprend bien où veulent nous mener les auteurs, à savoir une réflexion sur la religion, avec ses fondements, ceux qui y croient sincèrement, et ceux qui l’expoitent. Mais cela n’est pas forcément bien mené. Les personnages ne sont pas si nombreux, mais peut-être assez mal définis, ce qui rend les enjeux un peu flous (cette idée de mariage en particulier, ou bien les motivations de la matriarche…). Les évènements se déroulent trop vite pour être vraiment crédibles. Et la dernière page de conclusion interroge plus qu’elle n’explique, mais pas dans le bon sens du terme, à mon avis. On trouve néanmoins un thème commun à l’opus précédent : l’aura et la réputation de l’Ordre des Chevaliers Dragons, qui permet à ses membres de voyager de part le monde en limitant les dangers.

Note : 4 sur 10.

Tome 17 : Amarelle

La Guerre des Sardes, première partie

Cela fait désormais plusieurs années que l’Empire et les tribus Sardes sont en guerre ouverte. Les chevaliers-dragons participent activement au conflit en tenant coûte que coûte la cité d’Arsalam. Celle-ci n’est plus qu’un champs de ruines, mais résiste à l’envahisseur sous le commandement de la jeune et sauvage Amarelle. Dans ce contexte, le Duc de Charmont est envoyé en observateur par l’impératrice, afin de soutenir Amarelle, mais également enquêter sur d’éventuelles « déviances » à Arsalam.

Après plusieurs tomes passables, nous revoilà avec un très très bon opus ! Celui-ci viole d’ailleurs de nouveau les règles majeures de la série, puisque l’histoire contée ici est en deux parties. Point de dragons à abattre, ni d’approche sociales des Chevaliers : nous avons ici l’histoire d’une guerre, violente et injuste, avec ses moments de bravoure et ses trahisons, dont les répercussions géopolitiques commencent à se deviner. Cette approche nouvelle dans la Geste, quoique peut-être un peu risquée, est tout à fait payante et l’on passe un excellent moment à la lecture de cette album ! Nous y retrouvons les sœurs (impératrice et matriarche) de Messara, introduites dans le tome 15, mais également le petit Louis du tome 10 et bien sûr Amarelle, qui n’était que fillette dans le tome 11 (également aperçue dans le tome 14). Les troupes menées dans le Nord par l’Ancienne sont également évoquées, et trouveront échos dans le tome 30 !

Note : 9 sur 10.

Tome 18 : Arsalam

La Guerre des Sardes, seconde partie

La Guerre des Sardes entre dans sa phase finale. Si les chevaliers dragons d’Amarelle tiennent toujours la cité d’Arsalam, les tribus Sardes submergent les frontières de l’empire et s’approche dangereusement de Messara, la capitale. En effet, plus combatifs que jamais, les barbares ne sont plus seulement animés d’une volonté de conquête, mais semblent fuir quelque chose.

Très bonne seconde partie de ce diptyque sur la Guerre des Sardes. On retrouve avec plaisir les personnages de l’opus précédent, et malgré quelques facilités scénaristiques, cette partie de la Geste trouve une conclusion tout à fait satisfaisante, et même inattendue ! Cela aura des répercussions dans les albums qui se dérouleront désormais chronologiquement après la Guerre des Sardes, en particulier le tome 20. Notez qu’à partir de ce point, quelques spoilers sont à craindre dans les paragraphes ci-dessous même si le limiterai ceux-ci au maximum.

Et si vous voulez y mettre les pieds dans le plat :

Le continent est désormais divisé en deux, avec l’empire de Messara amoindri à l’ouest et l’empire Sarde dirigé depuis Arsalam à l’est.

Mais pire que cela : suite aux évènements de la guerre, l’ordre d’Arsalam a fait sécession ! Et l’on compte désormais deux ordres de chevaliers dragons :

  • L’Ordre d’Occident, indépendant de l’empire et descendant de l’ordre originel ;
  • L’Ordre d’Orient, au service de l’empire Sarde, hérité des années de lutte à Arsalam et plus sauvage que son ainé.

Note : 8 sur 10.

Tome 19 : L’antidote

Pour avoir abusé de festivités et de dons suite à leur victoire contre des créatures du veill, les jeunes et rebelles chevaliers Akanah et Eléanor sont envoyées escorter une caravanes aux extrémités orientales du monde connu. Celle-ci transporte en effet un précieux chargement : un antidote à une épidémie grandissance dans les citées du nord. Le plus grand secret doit donc encadrer cette mission… mais celui-ci n’est-il pas déjà éventé ?

C’est avec plaisir, et non sans surprise, que nous retrouvons les deux chevaliers intrépides découvertes au tome 2 alors qu’elles n’étaient que novices. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, les deux demoiselles ne se sont pas assagies, et l’on prend plaisir à suivre leurs péripéties aux confins du monde, dans un décors de caravanes et de désert oriental tout à fait plaisant. Pourtant, les enjeux ne sautent pas vraiment aux yeux. Et exception faite d’un combat d’Eléanor – seule contre tous, incroyablement mis en cases en fin d’album – cet opus n’est pas des plus inoubliables bien que très sympathique. Notons qu’à partir de ce tome, la double-page finale de chaque album propose une chronologie officielle de la Geste.

Note : 6 sur 10.

Tome 20 : Naissance d’un empire

Sous couvert d’affaires et de diplomatie, le Duc Lorta espionne en réalité le tout jeune empire d’orient et la reconstruction de sa capitale Arsalam, pour le compte de l’empire d’occident. Entre les tensions au sein du conseil du nouvel empereur, les conflits entre novices du nouvel Ordre des Chevaliers Dragons, ou les animosités entre indigènes et barbares sardes désormais concitoyens, l’empire d’orient semble bien précaire. Et des lettres de Lorta dépend l’éventuelle déclaration d’une nouvelle guerre…

Suite presque directe du tome 18, cet album dépeint avec justesse les nombreuses tensions qui émergent immanquablement d’une situation géopolitique telle qu’héritée de la Guerre des Sardes. Au travers du personnage ambiguë de Lorta, nous en avons de très nombreux aperçu, à chaque strate de cette toute nouvelle société en cours de construction. Nous y retrouvons sans surprise plusieurs personnages connus, Amarelle (tome 17) et Louis (tome 10) en tête, mais également l’Ancienne démissionnaire (tome 11) en cheffe de guerre redoutable. Toutefois, c’est peut-être l’abum de trop centré sur ces deux premiers personnages ; et il est temps à mon sens d’en découvrir de nouveaux. J’ai également eu du mal avec le style des dessins, et la conclusion m’a semblée un peu trop rapide et simple. Ce tome pose néanmoins, définitivement et clairement, les forces en présences pour la suite de la Geste.

Note : 6 sur 10.

Tome 21 : La Faucheuse d’Ishtar

Six historiettes permettent de suivre la Faucheuse d’Ishtar, célèbre hache ancestrale des chevaliers dragons, à travers les millénaires, de ses origines à la présente Guerre des Sardes.

Dans cet album très original, nous ne suivons pas un personnage, un lieu ou des évènements, mais bien une arme ! Déjà évoquée dans le tome 15, il ne s’agit toutefois pas de l’histoire de la hache, mais de plusieurs histoires dans laquelle elle tient une place plus ou moins notable. La nuance est importante et – il faut le reconnaitre – un peu décevante.

  1. Nous suivons l’histoire de la fondatrice de l’Ordre de Messara, premier chevalier dragon reconnu3, sous la forme d’une sorte de conte. (7/10)
  2. Trois écuyères inexpérimentées sont chargées de transporter et livrer la Faucheuse à bon port, mais un dragon est apparu non loin de leur trajet. Histoire anecdotique mais jolie, impliqnat également les soeurs de la vengeance (tome 29). (6/10)
  3. Une bande de pillards a acheté la légendaire hâche ; mais la légende prétend que les chevaliers dragons sont impitoyables avec ceux qui ne leur restituent pas leurs armes. Etrange histoire, dans laquelle un chevalier dragon semble avoir des relations sexuelles dans le cadre de sa mission (à moins qu’il ne s’agisse d’une ombre, cf. tome 25, mais ce n’est pas clairement indiqué). (5/10)
  4. Les chevaliers Verna et Oris (tome 2) exfiltrent des enfants d’une zone rongée par le veill. Annecdote oubliable. (4/10)
  5. Le chevalier Oris (également apercue dans le tome 4 et le tome 19), envers et contre tout (et tous) est mandée seule pour affronter un dragon. Archétype parfait de la mission d’un chevalier dragon, mais toujours plaisant. (8/10)
  6. Assiégée par les créatures de veill dans une tour, une escouade de chevaliers se prépare à une sortie, en vue de reprendre une position au main des barbares Sardes. Encore une histoire anecdotique. (4/10)

Tout comme la série est une mosaïques d’albums plus ou moins disparates, cet opus est une jolie mise en abîme avec sa mosaïque de courtes histoires inégales, chacune signée d’un dessinateur différent. Etonnamment, il n’est pas fait mention qu’Akanah (tome 2) puis Amarelle (tome 17) furent pourtant des utilisatrices de la Faucheuse d’Ishtar.

Note : 6 sur 10.

Tome 22 : La Porte du Nord

La Porte du Nord est la dernière forteresse de l’Empire avant les grandes étendues glacées. L’Ordre local des chevaliers dragons ne compte que deux membres, la matriarche qui entretient des relations cordiales avec le commandant, et le chevalier Mathilde qui s’occupe notamment de l’éducation des enfants, malgré un passé trouble commun avec le bandit de grand chemin Harkos. Mais alors que des créatures du veill, de plus en plus nombreuses, se rapprochent de la forteresse, un dragon n’aurait-il pas échappé à la vigilance des chevaliers…?

C’est avec plaisir que nous quittons la poussière chaude des déserts et chemins habituels de la Geste, pour les grandes étendues glacées et blanches du Nord. Loin des considérations géo-politiques impériales, nous suivons avec une lenteur paisible les péripéties de Mathilde et sa matriarche, dans cet environnement au froid mordant mais non dénué de chaleur humaine. Une lecture tout à fait plaisante ! En revanche, concernant la continuité de la série, j’ai eu du mal à identifier les liens avec les tomes précédents.

Note : 7 sur 10.

Tome 23 : La Mer Close

Aux premières années de la Guerre des Sardes, le navire « Le Forbin » est commandé par le Comte de Charmont. Secondé par son ami De Cressay et manœuvré par un équipage et quelques hommes d’armes, plus criards que méchants, il commerce avec les sultanats sunnis à travers la mer close. Mais alors que les routes commerciales sont de moins en moins sûres, De Charmont se voit chargé de véhiculer quatre chevaliers dragons vers la cité d’Arsalam. Parmis elles, il retrouve sa cousine perdue de vue : le chevalier Louise.

Un opus que j’ai particulièrement apprécié ! Je suis moi-même sensible à l’ambiance de la marine ancienne. Ici, transposée dans l’univers de la Geste, nous retrouvons bon nombre de codes du genre : combats navals, superstitions de l’équipage, décisions morales complexes, veillées arrosées de rhum, histoires familiales tragiques, noeuds et cordages, manœuvres maritimes complexes, tempêtes et paquets de mer… Ne manquerait-il pas juste un dragon aquatique…? C’est aussi avec plaisir que nous en apprenons plus sur la famille de Charmont (tome 17), que nous avons un nouvel angle de vue sur la Guerre des Sardes, et que nous redécouvrons même la destruction de la flotte impériale au port de Sirtaga, déjà montrée dans le tome 15. Seul reproche que je ferais à cet album : la présence de poudre à canon (bombardes, mousquets…) n’est pas cohérente avec la technologie du reste de l’univers de la Geste.

Note : 9 sur 10.

Tome 24 : Les nuits d’Haxinandrie

Tarek Lorta est un contrebandier, qui vit de toutes sortes de traffics. Il achète et vend des marchandises en particulier dans la ville hors-la-loi d’Haxinandrie, et doit en partie sa survie aux services de son associée, Orka, ancienne chevalier dragon. Mais lorsque cette dernière est tuée dans un guet-apens, Tarek ne pense plus qu’à la venger. Peut-être en s’attachant à nouveau les services d’un chevalier dragon ?

Un album sympathique, narrant une histoire de vengeance sur fond d’injustice entre classes sociales. Notons qu’il se déroule un siècle après la Guerre des Sardes (tome 17) ! J’aime aussi beaucoup l’introduction de lignées familiales en filigrane de la Geste. Nous avions évoqué la famille de Charmont au tome précédent ; nous retrouvons ici des descendants de la famille Lorta (tome 20) ainsi que de la famille de Cressay (tome 23). Le tome 28 est la suite directe de cet album.

Note : 7 sur 10.

Tome 25 : La guerre des Ombres

Les « ombres » sont une organisation secrète des chevaliers dragons, elles constituent autant un solide réseau de renseignement, qu’une guilde d’assassines et d’intrigantes, parfaitement instruites et entrainées. Lou est l’une des têtes de l’organisation. Quelques temps après la guerre des Sardes et la scission de l’Ordre des chevaliers dragons en deux, elle est chargée par la matriarche de Messara d’affaiblir l’Ordre d’orient par tous les moyens. Mais de son côté, ce dernier cherche à établir son propre réseau d’ombres.

Cet album est enfin l’occasion d’en apprendre plus sur la nature et le fonctionnement des ombres, qui sont évoquées plus ou moins directement depuis le tome 9. Nous sommes ici dans une histoire d’espionnage dans la plus pure tradition du genre, néanmoins appliquée au monde de la Geste (avec un très fort arrière-goût de guerre froide assumé). La lecture de cet opus est plaisante et nous en fait découvrir toujours plus, notamment sur la manière dont l’ordre d’orient gagne en puissance ; nous avons également l’occasion de recroiser plusieurs protagonistes de la Guerre des Sardes (tome 17). Néanmoins, je suis un peu plus partagé sur l’idée de cette organisation parallèle qui n’a pas grand chose de chevaleresque et s’éloigne notablement de la philosophie des chevaliers dragons…

Note : 6 sur 10.

Tome 26 : Nous ne nous reverrons jamais

Longtemps après la Guerre des Sardes, les deux Ordres des Chevaliers Dragons se vouent une haine politique, et chaque bord a ordre de tuer à vue tout membre de l’autre bord. Dans ce contexte, le chevalier Blanche de l’ordre d’occident est la seule survivante d’un éboulement, alors qu’elle voyageait aux limites de l’empire. Elle rencontre Zia, jeune novice de l’ordre d’orient, également rescapée du glissement de terrain. N’arrivant pas à la tuer de sang froid, elle la retient prisonnière et poursuit son voyage ; mais elle devra la faire passer pour son écuyère lorsqu’elle croisera d’autres chevaliers dragons, en mission pour tuer un dragon.

Un tome sympathique, qui place la Mission et le Devoir des chevaliers dragons devant les animosités entre les ordres d’occident et d’orient, déjà bien installées depuis le tome 20 ainsi que le tome précédent. Les personnages sont plaisants à suivre, et c’est avec plaisir que nous retrouvons un dragon à combattre. J’ai également apprécié l’ordre des hospitalières, en lien subtil avec les missionerias du tome 16. A ce propos, concernant notre découverte du monde de la Geste, malgré plus de 25 tomes, nous continuons à en apprendre davantage : cette fois, c’est la très mystérieuse ancienne civilisation qui est brièvement abordée, et dont on aperçoit régulièrement d’immenses statues et structures tout au long de la série (et qui est également à l’origine de la forteresse de la porte du Nord du tome éponyme). En revanche, je n’ai pas vraiment accrochés aux dessins, en particulier les visages, bien que certains paysages soient de toute beauté.

Note : 7 sur 10.

Tome 27 : Le Draconomicon

Line est une écuyère de l’ordre de Messara. Très mal à l’aise dans la foule et n’ayant aucune prédisposition au combat, elle se voue aux recherches draconiques. Avec l’aide de l’ombre O, elle compile nombre de documents sur les apparitions des dragons. Et en croisant ses recherches avec celles des moines du Temple et des savants du palais impérial, elle en est convaincue : bientôt, elle arrivera à comprendre et prédire les apparitions des dragons ! Mais alors que la nature de ses recherches commence à se savoir, sa vie apparait en danger.

Un tome très original, puisqu’il approche le monde de la Geste de manière scientifique, à la manière du prêtre Hassan (tome 8) ou du chevalier Lore (tome 13) qui sont d’ailleurs évoqués. Le personnage de Line (issu de la famille de Cressay, cf tome 23) est attachant, et les enjeux sont de taille puisque les auteurs s’attaquent au sujet épineux de l’apparition des dragons. Celui est toutefois traité avec intelligence, même si un peu de frustration demeurera pour le lecteur. Je regrette que les raisons d’en vouloir à la vie de Line ne soient pas plus explicitées, même si on les devine bien. Cet album est sorti à l’occasion des 20 ans de la Geste, et s’accompagne d’illustrations inédites de toute beauté !

Note : 7 sur 10.

Tome 28 : Contrebandes

Nous retrouvons le contrebandier Tarek dans la cité hors-la-loi d’Haxinandrie et dans ses environs. Toujours fourré dans des mauvais coups, il est trahi par son associé et réchappe de peu à une vague de créature du veill. Ce faisant, il découvre fortuitement un étrange trafic d’esclaves organisé par la tribu Hân, et se promet d’y mettre fin. En parallèle, la jeune chevalier Sybile est envoyée en mission secrète à Haxinandrie…

Cet album est une suite directe du tome 24 (qui n’en appelait pourtant pas forcément), tout en se déroulant en parallèle du tome 26. Les évènements sont toutefois beaucoup plus décousus, et les personnages vraiment moins attachants. Et si les péripéties se suivent sans déplaisir, elles se suivent également sans enjeux ni grand intérêt. Comme dans le tome précédent, on a un peu de mal à comprendre les agissements de l’ordre d’Occident, et du Fort en particulier ; il semble que les auteurs introduisent progressivement l’idée que l’ordre devienne mauvais en haut lieu. A voir ce qui sera fait de cette idée, à laquelle je n’accroche pas trop…

Note : 4 sur 10.

Tome 29 : Les Soeurs de la Vengeance

Agnessa était une écuyère de l’ordre d’Ishtar. Mais son extraordinaire sensibilité au veill fut identifiée très tôt, et elle est envoyée au Fort, quartier général des chevaliers dragons, pour devenir une soeur de la vengeance. Elle devra dormir des années et se charger d’énergie, pour ensuite la libérer en se sacrifiant et tuer un dragon devenu trop puissant. Tel est son destin. Mais tandis qu’elle dort, le monde change : les Sardes gagnent la guerre, l’empire se divise, des chevaliers dragons se rebellent… Et son amie Syd a une vie bien chargée, tandis qu’Agnessa passe à côté de la sienne.

Un très bon opus, complexe, qui mèle intelligement différents niveaux de lecture : l’histoire d’Agnessa, le temps qui passe, les rebellions qui naissent dans l’ordre des chevaliers dragons, le tiraillement entre liberté et devoir… Ces différentes couches se retrouvent dans les dessins, signés par 6 illustrateurs successifs (à la manière du tome 21 mais avec une continuité directe dans l’album, qui est simplement chapitré). On en apprend davantage sur les Soeurs de la Vengeance et leur « formation ». On comprend également qu’aprés la secession d’Arsalam (tome 18), certains ordres déjà existants semblent avoir rejoint l’ordre d’orient. Du point de vue de la continuité, l’album se déroule sur plusieurs decennies, qui s’étalent de peu avant le tome 11 à peu aprés le tome 20 incluant donc les évènements de la guerre des Sardes, sur laquelle on a donc un nouveau point de vue. On retrouve également avec plaisir les jardins luxuriants du tome 5.

Note : 8 sur 10.

Tome 30 : L’ancienne

Issue de la petite noblesse du nord, Hélias ne fera vraissemblablement pas une bonne épouse ni une maitresse de maison, préférant le grand air et la fureur des combats. Peu disposée aux arts et lettres, et dénuée de subtilité, elle fera néanmoins indéniablement un grand chef de guerre.

Un album qui nous permet de suivre l’évolution de celle qui deviendra un temps l’Ancienne de l’ordre des chevaliers dragons (tome 11), de son enfance jusqu’au statut quo aprés les Guerre des Sardes (tome 18). Une approche plutôt originale dans la saga que ce type de chronique au long cours… si ce n’était pas une répétition du schéma du tome précédent. Le personnage principale, sans être ininteressant, n’est pas vraiment passionnant. Et l’opus ne nous apprend pas grand chose, sinon qu’en plus des empires d’orient et d’occident, il semble que les contrées du Nord aient également pris leur independance, sans que cela n’ait vraiment été mentionné jusqu’à présent.

Note : 6 sur 10.

Lorsque je me suis lancé dans la relecture de toute la saga, j’avais vaguement envisagé de noter et relier entre eux les moindres détails de manière systématique, afin d’avoir une vue d’ensemble de l’univers des chevaliers dragons. De manière évidente, il y a la chronologie (quel tome vient avant quel tome) mais également la géographie de leur monde. A cela, on pourrait aussi ajouter les organisations, telles que les royaumes, tribus et empires (en lien avec la géographies), mais aussi le fonctionnement de l’Ordre, sa hiérarchisation, les différents rôles que l’on y trouve (chevaliers, écuyères, recluses, ombres…). Et puis, à la réflexion, je trouve que ça serait lever le voile sur le mythe, et casser la poésie de cette excellente saga. Je préfère garder en tête qu’il y a une cohérence globale, mais sans y avoir accès directement, juste en la devinant d’un détail à l’autre…

Toutefois… Comme j’ai quand même du mal à chasser mon naturel, j’ai compilé quelques infos (volontairement) non-exhaustives et (volontairement) assez désorganisées. Elles pouraient constituer un futur article, avec une approche un peu globale du monde de la Geste. Est-ce que ça vous interesserait ?

  1. A la relecture de cet article, il semble en fait que j’avais apprécié ce tome sur le moment ! Ce n’est pourtant vraiment pas ce souvenir que j’avais conservé. Comme quoi, la mémoire…[]
  2. Et semble donner des indications sur la manière dont se termine vraiment son histoire…[]
  3. D’ailleurs, pourquoi cette hâche s’appelle-t-elle la faucheuse d’Ishtar, si elle est en possession de la fondatrice de l’ordre de Messara ?![]

Geek bordelais, féru de science, amoureux de technologies, mordu de SF, amateur de fantasy, épris de jeux en tous genre, adepte de réflexions diverses. Et j'aime le canard, aussi.

13 commentaires

  1. Que de lectures à rattraper ! Je me souviens des tomes 1 et 6, que j’ai bien aimés, mais pas trop du reste…
    À relire ton article, Ekho, je me suis posé une question : pourquoi est-ce que la série ne s’appelle pas les Chevalières dragons ?

  2. Tu avais lu jusqu’à quel tome…? Tu te souviens ?

    Les tome 1 et tome 6 font effectivement partie de mon top personnel. 🙂

    pourquoi est-ce que la série ne s’appelle pas les Chevalières dragons ?

    Spontanément, je répondrais que c’est parce qu’une chevalière, ça n’existe pas (ou alors, ça désigne une grosse bague). En revanche, il semble que chevaleresse existe ! Mais c’est pas très joli, je trouve.

  3. Quand j’étais petite, je lisais les Aventures de la Chevalière, ça ne me choque pas.
    Chevaleresse est moins joli, mais ça passe.
    En fait, je me pose la question parce que j’aime bien quand les auteurs créent un vocabulaire propre au monde qu’ils inventent, et la Geste me semble un bon univers pour faire ça.
    Je ne me souviens pas du tout où je me suis arrêtée dans ma lecture.

  4. Une de tes séries préférées carrément ^^.
    J’aimerais bien savoir ce qui te plaît tant dans les grandes lignes, qui pourrait peut-être me motiver à réessayer.

    J’ai lu le tome 1 il y a bien longtemps et :
    – j’ai pas aimé le dessin.
    – j’ai pas aimé l’histoire.
    – j’ai trouvé le point culminant du scénario avant d’attaquer le dragon peu crédible de la part d’un ordre d’élite avec un côté presque religieux.

    Du coup si c’est un de vos tomes préférés, ça m’encourage pas vraiment pour la suite ^^’.

  5. Wahou, merci pour ce long article, Ekho ! J’avoue ne pas avoir encore lu tout l’article en détail, mais cela va m’aider pour décider si j’achète certains tomes, si je vise les intégrales ou si je me contente des 3 premiers dans ma bdthèque.

    J’aime beaucoup le fait que les albums ont des liens plus ou moins ténus les uns avec les autres, comme si on découvrait par petite touche un grand tableau, qu’il faut deviner sans avoir la possibilité de le voir en entier. J’aime malheureusement beaucoup moins le fait qu’on change de dessinateur à chaque tome, et les tomes sont assez inégaux aussi.

    Je rebondis sur le terme « chevalière » 🙂
    Un mot peut avoir plusieurs sens, et de même qu’un secrétaire ne désigne par forcément un meuble (pensez « secrétaire d’Etat »), une chevalière, ça pourrait très bien exister en tant que féminin de chevalier. Il suffit… de le décider et d’utiliser le mot dans ce sens. La langue n’est pas figée.

    Je suis quasi certaine que dans un des premiers tomes de la série Aria, un des personnages appelle Aria « chevalière » (peut-être avec des guillemets dans le texte d’ailleurs ; ce qui soulignerait que le terme n’est pas considéré comme naturel).

    Mais il faut garder en tête que le premier tome de la Geste est sorti en 1998.
    L’Académie Française n’a fini par accepter la féminisation des noms de métiers qu’en 2019 (ça semble il y a une éternité parce que c’était à une lointaine époque où on voyait pas des masques partout, mais c’était il y a à peine un peu plus de 2 ans !).. Mais cela a été long, très long. 20 ans auparavent, il n’en était pas question et on avait droit à des arguments fabuleux comme « écrivaine c’est pas joli et plus ça rime avec vaine ».

    Il est possible que si le premier tome avait été publié maintenant, le terme « chevalière » ou « chevaleresse » aurait été plus facilement envisagé.

    Effectivement le terme « chevaleresse » existe (que j’aime bien, ça ressemble à chasseresse, ou à des titres de noblesse féminin en -esse : contesse, duchesse, princesse). Cela peut nous sembler assez paradoxal, mais le Moyen-Âge, dont s’inspire vaguement la Geste, féminisait très facilement les noms de métiers. C’est plus tard que ces termes ont été sortis de la langue française (par l’Académie française d’ailleurs).

  6. @ Eldermê:
    … et comme nous sommes dans un univers de fantasy, il n’est pas forcé de se plier au règles de grammaire du nôtre ! Il serait naturel qu’une société matriarcale féminise les noms de métier.

  7. Pas forcément. Aujourd’hui tout le monde n’est pas favorable à la féminisation des noms de métiers, y compris parmi les féministes. Certains considèrent qu’un métier est un titre qui ne devrait pas dépendre du genre.

    Et honnêtement, j’ai du mal à me faire une opinion tranchée là dessus. D’un côté, je pense que ne pas féminiser contribue à invisibiliser les femmes*, de l’autre je pense qu’à quelques exceptions près le genre n’a pas plus de raison d’entrer en compte que la couleur de peau, le groupe sanguin ou que sais-je.

    On peut aussi envisager que, si l’Ordre des chevaliers dragons est entièrement constitué de femmes, il s’insère dans une société qui, elle, est profondément patriarcale (dès le début du tome 1, Jaïna et Ellys se font traiter de « putes » dans une taverne, ça pose le contexte !). Dans une telle société, « chevalier » pourrait être connoté plus sérieux qu’un titre féminisé.

    Il est aussi possible que les auteurs n’aient simplement pas réfléchi plus que cela à la question, « chevalière » évoquant une bague et « chevaleresse » étant limite inconnu. Ou qu’ils (ou l’éditeur) aient jugé qu’il ne fallait pas mettre des « barbarismes » dans la langue française (c’était quand même l’opinion « officielle » il y a 20 ans (« officielle » au sens de l’Académie française, j’y mets beaucoup de guillemets parce que cette institution n’a guère de légitimité à mes yeux).

    * Cette devinette assez connue met en évidence cette invisibilisation :
    Un homme et son fils ont un accident de voiture. Le père meurt et le fils s’en sort gravement blessé. Il est transporté a l’hôpital où il doit être opéré, mais le chirurgien refuse sous prétexte que le patient est son fils. Pourquoi ?

  8. @ Thörist:

    Carrément !

    Ce qui me plait… Je dirais que c’est un ensemble. Mais j’aime beaucoup l’ambiance, qui est une combinaison subtile de la forme (environnements majoritairement chauds voire désertiques, poussiéreux, avec néanmoins des crochets par des environnements beaucoup plus divers) et du fond (les nombreuses thématiques abordées au fil des tomes : la famille, le devoir, le sacrifice, l’amour, l’ambition, la justice, la sexualité… mais aussi les structures politiques et organisations de ce monde, et leurs relations). Certains scénarios sont très bons. Et comme le dit Eldermê, l’univers est très vaste et assez cohérent, et j’adore le découvrir par petites touches, avec des références subtiles d’un tome à l’autre ; c’en devient presque un jeu.

    – j’ai pas aimé le dessin.

    Ca tombe bien : il est différent dés le tome suivant. 😀

    – j’ai pas aimé l’histoire.

    Là aussi, elle est souvent différente d’un tome à l’autre. En revanche, le tome 1 pose l’archétype de l’histoire de chaque chevalier dragon : une bête apparait, il faut la tuer au terme d’un voyage plus ou moins complexe, avec une chance de survie extrêmement faible. Cet archétype de retrouve régulièrement tout au long de la série, avec des variations plus ou moins profondes.

    – j’ai trouvé le point culminant du scénario avant d’attaquer le dragon peu crédible de la part d’un ordre d’élite avec un côté presque religieux.

    Je suis assez d’accord. C’est d’ailleurs pourquoi j’indique dans ma critique du tome 1 : Je suis juste dubitatif (et je l’ai toujours été) sur la manière dont est finalement vaincu le dragon.

    @ Eldermê:

    cela va m’aider pour décider si j’achète certains tomes, si je vise les intégrales ou si je me contente des 3 premiers dans ma bdthèque.

    Tu me diras vers quoi tu te seras orientée. Autre option : me les emprunter ! 😉

    j’aime malheureusement beaucoup moins le fait qu’on change de dessinateur à chaque tome

    Perso, ça ne me choque pas : ça contribue à dissocier chaque tome, et à leur donner différentes saveurs.

    Il est possible que si le premier tome avait été publié maintenant, le terme « chevalière » ou « chevaleresse » aurait été plus facilement envisagé.

    Je suis assez d’accord. Et perso, j’aime bien le terme de « chevaleresse », moi aussi.

    @ Amandine Guy:

    Tout à fait. D’ailleurs, on a bien des écuyères, archères, matriarches, anciennes… Mais des chevaliers.

  9. @ Eldermê:
    Je comprends l’argument du nom de métier comme titre, mais alors il nous manque une forme neutre pour l’exprimer.
    J’ai lu des auteurs de SF qui essayent une écriture non genree, c’est super intéressant.

    Franchement, mes souvenirs des album sont lointains, j’ai dû les lire au moment de leur parution pour les premiers, tu dois connaître la société dans laquelle évolue l’Ordre mieux que moi. C’est donc un monde patriarcal ? Peut-être qu’elles n’ont effectivement pas de féminin pour chevalier, alors.

    Je pense comme toi que les auteurs n’y ont sans doute pas réfléchi, ces questions sont devenues grand public il y a peu de temps, après tout.

  10. @ Ekho:
    Oui, je te dirai ! Je t’avoue que pour l’instant je n’ai pas trop le temps de m’y pencher avant quelques mois !

    C’est vrai que le terme écuyère est féminisé dès le premier album, je n’avais pas fait attention à ce détail.

    @ Amandine Guy:
    Oui, je suis tout à fait d’accord avec toi, il manque un neutre.

    Au boulot, je m’étais posé la question quand j’avais fait la signature de mes mails, où on met l’intitulé de son poste, numéros, et divers trucs. « Ingénieur » ou « ingénieure » ? Finalement, j’ai contourné la question en passant en anglais.

    Si tu as des titres pour des auteurs de SF qui tentent une écriture non genrée, ça m’intéresse ! Je me souviens avoir lu une nouvelle d’Asimov où il y avait une race extraterrestre sans genre, et c’était écrit de telle sorte qu’il n’y avait aucun prénom il ou elle.

    Je n’ai pas lu tous les tomes, donc Ekho en parlera sûrement bien mieux que moi avec l’éclairage des 30 albums ! Mais pour moi le monde est patriarcal, et l’ordre des Chevaliers dragon est une exception, une exception nécessaire car seules les femmes vierges peuvent approcher les dragons et les tuer. Dans la lecture que j’avais faite de la série, mais c’est peut-être une interprétation personnelle, l’ordre dérange : il dérange les gens du peuple (pas tous non plus : on voit dans la taverne du tome 1 quelqu’un qui prend le partie des chevaliers dragons) qui voient d’un mauvais oeil ces femmes qui s’habillent en homme, il dérange les prêtres (dans le tome 2, le jeune homme dont j’ai oublié le nom qui vient du temple a un talisman censé le rendre résitant au veill ; il épouse à la fin une jeune fille à moitié voilée, en opposition avec les chevaliers-dragons assez dévêtues), il dérange certains puissants qui aimeraient qu’il ait moins d’influence.

    Il me semble que le tome « la Déesse », que j’avais dû lire mais assez vite et il y a longtemps, montre aussi l’émergence d’une religion qui met les femmes à l’honneur, en opposition avec la religion traditionnelle centrée sur les hommes.

  11. Tu peux essayer Les chroniques du Radch, d’Ann Leckie (3 vol), ou Le journal d’un AssaSynth de Martha Wells (6 vol), ce sont de super séries de romans.

  12. Après, il y a aussi la question de la « traduction » de l’oeuvre. Même si on est dans un univers qui a sa propre langue, pour des questions de facilité, le récit n’est pas écrit dans cette langue, mais dans une langue compréhensible par le lecteur (français, anglais, etc…). Du coup, on arrive aux problèmes classiques de traduction : comment faire si une notion de la langue de départ n’existe pas dans la langue cible ? En l’occurrence, dans l’univers de la Geste des chevalier dragon, il y a peut être (probablement même je dirais, vu leur importance) un mot pour désigner les femmes chevalier dragon. ça a été traduit en « chevalier dragon », mais si ça se trouve, c’est un seul mot dans leur monde, qui implique forcement la féminité.

    Sinon Eldermë, je ne trouve pas la solution à ton énigme, la seule solution logique étant impossible (que le chirurgien soit une femme. Je sais qu’on parle de SF, mais quand même ! ;-P)

  13. Eldermê à écrit :

    Je n’ai pas lu tous les tomes, donc Ekho en parlera sûrement bien mieux que moi avec l’éclairage des 30 albums ! Mais pour moi le monde est patriarcal, et l’ordre des Chevaliers dragon est une exception, une exception nécessaire car seules les femmes vierges peuvent approcher les dragons et les tuer. Dans la lecture que j’avais faite de la série, mais c’est peut-être une interprétation personnelle, l’ordre dérange : il dérange les gens du peuple (pas tous non plus : on voit dans la taverne du tome 1 quelqu’un qui prend le partie des chevaliers dragons) qui voient d’un mauvais oeil ces femmes qui s’habillent en homme, il dérange les prêtres (dans le tome 2, le jeune homme dont j’ai oublié le nom qui vient du temple a un talisman censé le rendre résitant au veill ; il épouse à la fin une jeune fille à moitié voilée, en opposition avec les chevaliers-dragons assez dévêtues), il dérange certains puissants qui aimeraient qu’il ait moins d’influence.

    Il me semble que le tome « la Déesse », que j’avais dû lire mais assez vite et il y a longtemps, montre aussi l’émergence d’une religion qui met les femmes à l’honneur, en opposition avec la religion traditionnelle centrée sur les hommes.

    Je confirme tout cela à 100% ! 🙂

    Lyr à écrit :

    En l’occurrence, dans l’univers de la Geste des chevalier dragon, il y a peut être (probablement même je dirais, vu leur importance) un mot pour désigner les femmes chevalier dragon. ça a été traduit en « chevalier dragon », mais si ça se trouve, c’est un seul mot dans leur monde, qui implique forcement la féminité.

    Mais dans ce cas, on pourrait traduire la langue in universe par un barbarisme néologisme dans notre français, comme chevalière ou chevaleresse. 🙂

    Lyr à écrit :

    inon Eldermë, je ne trouve pas la solution à ton énigme, la seule solution logique étant impossible (que le chirurgien soit une femme. Je sais qu’on parle de SF, mais quand même ! ;-P)

    « Feu à volonté ! » 😀

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