L’Homo Hooliganus

Aujourd’hui, un petit plongeon dans mon quartier, le quartier du Stade de Turin. Découvrons ensemble le dernier stade de régression humaine : l’Homo Hooliganus.

Aujourd’hui, je vous prèsente un phénomène vraiment italianissîme.

Samedi dernier je suis allè dans une pizzeria avec mon frère et mes parents, et j’ai eu l’occasion de passer à cotè du stade de Turin vers 20h30/21h. Alors j’ai assisté au miracle. Cet évenement qui se reproduit une fois par semaine a vraiment du surnaturel. Des centaines d’êtres humains, provenant des quatre coins de l’Italie, bougeant en petits groupes et convergeant vers un seul et unique point : le stade.

Ce type d’êtres, qu’on peut appeler homo hooliganus, est très simple à reconnaitre : souvent sur la quarantaine, il porte un jean’s et un blouson noir contrefaits de la D&G, un chapeau calé sur ses oreilles et une écharpe autour du cou. Concentrons nous sur cette écharpe, que l’homo hooliganus porte en hiver comme en été : elle a les couleurs de l’équipe du specimen qui la porte. Cette évolution d’homme se déplace en troupeaux d’une demi douzaine d’éléments. Chaque troupeau comprend aussi une ou deux femelles, mais il est assez rare de voir des femelles d’homo hooliganus dans le stade. Elles laissent les mâles entrer et se retrouvent au bar, en attendent que le mach soit fini.

L’homo hooliganus est une dégénérescence dangereuse de l’homo sapiens sapiens. Tous ses mouvements sont encadrés par des patrouilles de militaires qui, pendant les jours de match, ont tendance à transformer le quartier du stade en une zone de guerre. Il n’est pas rare de trouver des postes de bloc formés de fourgons de l’armée, et chaque policier et militaire porte, en plus du pistolet, un bouclier anti-émeute.

Approchons nous du stade. Il est facile de trouver le grand bâtiment ovale: les cris et les chants de l’homo hooliganus s’entendent à des lieux à la ronde. Pour s’approcher encore, la manœuvre est un peu plus compliqué. Il faut trouver un passage qui ne soit pas bloqué par la police, ensuite il faut se frayer un chemin entre les bancs de vendeurs de saucisse et ceux des vendeurs de drapeaux, T-shirts, écharpes, trompes de stade et divers. L’avancée est autrement difficile à cause des détritus qui encombrent le sol. Oui, parce que, à la lumière des derniers événements, il est maintenant interdit de porter des bouteilles en verre et d’autres objets « dangereux » dans le stade, et l’homo hooliganus a résolu ce problème en laissant ce matériel par terre. En passant entre les bouteilles d’Heineken et les copies de l’édition de la Stampa (journal national consacré au foot), on peut désormais voir les escadrilles de militaires anti-émeutes qui patrouillent autour du périmètre. Un soldat s’approche de nous. « Etes vous ici pour la partie? » demande-t-il. « Non, on ne fait que passer » répondons-nous. « Alors éloignez vous : le mach va se terminer, et si vous ne voulez pas être emportés par la foule, il vaut mieux ne pas rester dans les alentours ». Et bien… bonjour l’ambiance !

Cet article a été publié il y a 12 ans. Son contenu est sans doute daté, tant sur la forme que sur le fond... Toutefois, cela n’empêche pas d'échanger à son propos. N'hésitez donc pas à vous exprimer en commentaires.

5 Responses

  1. Très très bon cet article, je trouve, mon jeune padawan !

    Il manque juste peut-être une photo pour illustrer un peu, mais sans-doute n’as-tu pas de portable…

    Je me souviens que ton père m’avais parlé de ce genre de… choses, plutôt répandus en Italie. D’après ce qu’il disait, il n’est pas rare que dans une conversation, "quelle équipe tu supportes" précède "comment vas-tu" ! Un rêve pour Lyr !! 😀

  2. @Ekho: mon pére exagere un peu… mais c’est vrai que les gents ont tendence à te regarder de travers si tu supporte une autre équipe…

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