Le Sorcier de la Montagne de Feu

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Je vous en parlais dans un article précédent : j’ai récemment découvert les livres dont vous êtes le héros ! Je vous propose donc de vous détailler mon aventure au détour des pages du Sorcier de la Montagne de Feu, de Ian Linvingston et Steve Jackson, le père de tous les LDVELH !

Les premières pages du livre détaillent la mise en place de l’aventure. En terme de matériel, sont nécessaires deux D61, du papier et un crayon à papier ainsi qu’une gomme. Les différentes règles sont détaillées (et pas extrèmement compliquées), en particulier le déroulement des combats et la gestion de la chance.

Une fiche d’aventure est proposée (exemple ici) ; elle se subdivise en plusieurs zones à remplir au crayon, car cela variera au fur et à a mesure de la lecture. Sans tout détailler, le personnage que l’on incarne dispose de points d’habileté (sa force au combat), d’endurance (permet de résister aux blessures) et de chance (pour influer sur les probabilités en de nombreux points de l’aventure). Ces points sont attribué partiellement aléatoirement en début de livre, et je dois reconnaître que j’ai eu de très bons tirages. A cela, la fiche d’aventure ajoute différentes zones permettant de lister son inventaire (armes, objets…), ses provisions (potions, nourriture…) ainsi que ses richesses (or, bijoux…). Enfin, une bonne moitié de la fiche d’aventure permet de noter les adversaires rencontrés, leurs habiletés et endurances, ainsi que la variation de leurs points lors des combats.

Le livre conseille enfin de dessiner une carte au fur et à mesure de la lecture, et je dois dire que c’était effectivement indispensable ! J’ajoute qu’une zone pour prendre des notes au fil de l’aventure et des rencontres, est également la bienvenue.

A l’aventure…

Une fois mon paquetage réalisé, il était temps de partir à l’aventure ! Les dernière pages d’introduction du livre posent le contexte et l’ambiance, justifient la situation initiale, et donnent quelques indications (rumeurs) plus ou moins fiables.

Attention aux spoilers ! La suite de cet article risque de vous divulgacher spoiler une partie de l’œuvre. Mieux vaut donc continuer cette lecture si vous avez déjà connaissance de son contenu, ou si vous ne souhaitez pas vous en garder toutes les surprises. Il n’y aura pas de grosse révélation directe (elles seront masquées, à vous de les afficher manuellement) mais de légers spoilers sont à craindre au fil de l’article.

Notez que les critiques tomes par tomes, ci-dessous, ont été rédigées au fur et à mesure de leurs lectures…

J’ai rédigé le journal ci-dessous, au fur et à mesure de ma lecture, pour vous donner une idée globale, mais sans les indications précises pour progresser dans l’aventure, afin de vous laisser le loisir de la vivre à votre tour. Pour les mêmes raisons, certaines portions de mes photos sont volontairement pixélisées.

Sans plus attendre, partons à l’assaut du Sorcier, et surtout de son trésor !


Carnet d’exploration

7 mai 2021 14h49, note préparatoire.

Une fiche d’aventure est disponible au début du livre. Je l’ai imprimée directement pour éviter d’endommager le livre et de revenir régulièrement à la même page.

Attention, serpent méchant

7 mai 2021 16h03, carnet d’exploration.

J’ai pénétré dans la montagne du sorcier, je parcours pour l’instant des galeries sombres et humides, éclairé de ma lanterne. Je croise régulièrement des portes, j’en ouvre certaines et j’en passe d’autres.

J’ai réussi à éviter plusieurs gnomes. J’ai néanmoins eu à faire avec un serpent, mais je m’en suis sorti sans blessure. J’ai essayé de sauver un nain de la torture, sans succès. Mais j’ai tout de même réussi à libérer un vieux prisonnier, qui m’a donné quelques précieuses indications. J’ai également commencé à collecter quelques objet qui me serviront certainement dans la suite de mon aventure.

Globalement, je me dirige vers le nord ; d’abord vers l’est puis désormais vers l’ouest. Après avoir combattu une araignée géante dans une caverne aux formations rocheuses magnifiques, je décide de me reposer un peu. Au fur et à mesure de mon aventure, je dessine progressivement une carte des lieux.

7 mai 2021 18h05, note personnelle

En plus de la fiche d’aventure qui me sert également de carte, penser à prévoir un marque-page pour retenir l’endroit où je me situe lorsque je voyage dans le livre, notamment quand je reviens aux règles du jeu. Cela m’évitera de perdre mon chemin.

8 mai 2021 21h34, carnet d’exploration.

Après avoir relu mes notes de la veille, j’ai repris mon chemin. J’ai croisé un marchand un peu pénible, puis une étrange salle très obscure, dans laquelle ma lanterne ne m’a été d’aucun secours. Après quoi je continue à me diriger vers le nord.

Le parchemin sur lequel je dessine ma carte n’est plus assez grand, j’ai été obligé de composer avec un second parchemin.

8 mai 2021 22h21, carnet d’exploration.

Mes mésaventures dans ces boyaux humides et sans fin m’ont conduit à affronter chauves-souris géantes et autres hommes des cavernes. Contrairement à ce que je croyais, c’est tout un écosystème qui vit dans cette montagne, et non une armée au service du sorcier.

Finalement, j’ai vaincu en combat singulier un énorme rat garou, avec lequel je n’avais pas réussi à m’entendre (le débat portait sur la rémunération de ses services). J’ai par la suite traversé la rivière souterraine, qui semble être une étape importante dans mon périple d’après les rumeurs initiales qui m’ont menées à cette montagne maudite…

9 mai 2021 15h42, carnet d’exploration.

Voyons désormais ce qui se cache sur l’autre rive de cette rivière glauque…

Ces galeries recèlent des surprises fort sympathiques…

9 mai 2021 16h38, carnet d’exploration.

Ce côté-ci de la rivière me semble bien plus inquiétant que la première partie de mon voyage. Si j’ai apprécié, plus ou moins, la compagnie des gnomes, ou de la faune locale, je suis beaucoup plus inquiet face à des créatures surnaturelles telles que des zombies, un vampire que je n’ai pas réussi à vaincre, ou une goule que je viens de terrasser et non sans mal !

Désormais, je continue vers le nord en gravissant un escalier, dont le plafond bas ruisselle d’une eau trouble…

9 mai 2021 16h42, note personnelle.

Les différentes illustrations qui ponctuent le livre permettent de retrouver assez facilement une page égarée. J’ignore si c’en était la fonction principale (sans doute pas), mais c’est appréciable !

12 mai 2021 22h05, carnet d’exploration.

Avant de continuer l’ascension de cet escalier lugubre, je fais le point de mes ressources. Si je ne suis pas au mieux de mes forces, mon état n’est pas des plus inquiétant. Je dispose de divers équipements dont j’ignore s’ils auront une réelle utilité ; j’ai tout de même trouvé une clé qui, je l’espère, devrait me servir en fin d’aventure.

La carte que j’ai dessinée me donne une assez bonne idée du chemin parcouru. Je constate avec amusement que certains passages que je n’ai pas explorés sont sans doutes reliés entre eux, si j’en crois ma géographie des lieux.

Une rencontre plutôt agréable

12 mai 2021 23h17, carnet d’exploration.

Cet escalier semble m’avoir amené plus haut dans la montagne. Je suis désormais dans un endroit étrange, un enchevêtrement de galeries et de carrefours, ponctués de passages secrets qui me déplacent de manière étrange de lieux en lieux, me faisant perdre le sens de l’orientation.

Dieu merci, ma carte m’est d’une aide inestimable !

Malheureusement, ma progression est difficile car la recherche de nouveaux passages secrets attire régulièrement des créatures agressives : trolls, rats géants, lutins et autres. Je pense même avoir affronté et vaincu le « maître » de ce lieu, mais cela ne m’aide pas à en sortir. Je pense toutefois avoir trouvé quelques indices pour m’aider dans ma quête.

La fatigue commence néanmoins à se faire sentir, je décide de prendre un peu de repos.

13 mai 2021 22h31, carnet d’exploration.

Après une bonne nuit, je me réattaque à ce dédale sans fin… J’espère avoir plus de chance, ou plus d’ingéniosité, qu’hier.

13 mai 2021 23h33, carnet d’exploration.

« Exploration », c’est le mot ! Je n’ai pas croisé âme qui vive mais j’ai tourné en rond dans ce labyrinthe pendant une éternité.

Certains passages me transportent d’un point à l’autre de ce dédale de galeries, ce qui m’oblige à dessiner des portions de cartes que j’ai du mal à relier entre elles ensuite. En plus de cela, certaines galeries se chevauchent dessus/dessous.

Ma carte commence néanmoins à être de plus en plus complète et détaillée. J’espère que l’humidité souterraine ne va pas commencer à l’abîmer.

17 mai 2021 22h19, carnet d’exploration.

Je m’apprête à m’engouffrer de nouveau dans ce dédale interminable, froid et humide. Un examen de ma carte me fait néanmoins prendre conscience d’une issue possible à une extrémité inexplorée de la zone dans laquelle je me trouve. En espérant qu’il ne faille pas emprunter un passage secret encore à découvrir…

17 mai 2021 23h14, carnet d’exploration, dernière entrée.

Comme je le supposais, la suite de mon aventure se trouvait dans la dernière zone inexplorée de ma carte.

Je me suis retrouvé face à la pire des créatures, un dragon ! J’ai néanmoins réussi à le vaincre, non sans difficulté. Ce n’est que peu après avoir terrassé l’immonde reptile, que j’ai finalement affronté le sorcier de la montagne. Là encore, je suis parvenu à le vaincre; hélas, je ne dispose pas du matériel nécessaire pour accéder à son trésor…

Celui-ci devait se trouver beaucoup plus près du pied de la montagne, certainement avant la rivière souterraine. C’est donc ainsi que s’achève ma quête. Du moins, cette fois-ci.

17 mai 2021 23h20, note finale.

Bien que ma mission soit un échec, je suis néanmoins toujours vivant, et la région est débarrassée de ce malfaisant magicien. Je tire donc finalement une certaine fierté de cette première aventure.


Sans me lancer dans une analyse approfondie aussi interminable que les galeries de la Montagne de Feu, quel est mon ressentis sur mon premier LDVELH ?

Tout d’abord, cet objet ludique est clairement plus un jeu qu’un livre. En effet, les paragraphes s’enchaînent et bouclent parfois, sans pour autant que la narration soit de grande qualité. Certains paragraphes peuvent se limiter à décrire un carrefour et les différents paragraphes auxquels aller suivant le choix du lecteur joueur. Bien qu’on soit dans dans un jeu de fantasy à l’ancienne (je le rappelle, il s’agit du premier LDVELH, daté du début des années 80) il n’y a qu’assez peu de cohérence et globalement pas de scénario. Il était tout à fait possible d’ouvrir une porte et de se retrouver nez-à-nez avec une araignée géante, puis jouer une partie de cartes avec des nains à la porte suivante. En gros, c’est du basique porte/monstre/trésor. Pour autant, ce n’est qu’à moitié une critique, car c’est bien à cela que je m’attendais avec ce titre en particulier. Et encore une fois, ça nous replonge aussi dans les vieux jeux des générations précédentes, dans le plus pur style des Donjons et Dragons des origines !

Dans cette optique, j’ai joué le jeu à fond ! J’ai sorti mes D20 de Magic 2, j’ai fabriqué des faux parchemins avec du papier brûlé, collés entre eux à la cire, et je n’hésitais pas aller me chercher des ambiances sonores adéquates. Et bien sûr, aucune triche 3 de ma part ! Et je suis clairement bien entré dans le jeu, sans m’y forcer. La structure sous-jacente du livre est bien construite, les paragraphes sont reliés entre eux de manière cohérente, il est possible de rebrousser chemin et d’inspecter des lieux déjà explorés… Le livre gère même (de manière basique, certes) la rencontre de monstres aléatoires ainsi que le changement d’état de certaines zones traversées. Les illustrations régulières aident également à s’immerger dans l’aventure (et rappellent – non sans nostalgie – nos livres d’enfance qui contenaient des images).

Ma fiche d’aventure à sa fin

J’ai trouvé que la fiche d’aventure était peut-être un peu petite ; je l’avais pourtant imprimée en A4. Elle ne comprenait pas assez de zones dédiées aux différentes créatures que j’ai croisé, et son verso était insuffisant pour ma carte. J’envisage de dessiner une telle fiche plus grande, à imprimer sur du A3… A voir pour la prochaine fois. Il existe évidement des applications pour smartphone dédiées, mais je trouve qu’on perd l’ambiance 80s et le plaisir du papier et du crayon.

J’ai également été un peu surpris de constater qu’en réalité, un support à proximité est nécessaire ! En effet, entre les informations à reporter sur la fiche d’aventure, la carte à dessiner ou à consulter, et les dés à lancer, il est clairement impossible de faire un LDVELH debout dans le métro ! Prévoyez plutôt des séances de lecture de 1h dans votre canapé, avec une table basse non loin. L’avantage de la table basse est qu’elle s’accorde aussi très bien avec un verre de rhum.

Concernant ma partie en elle-même, je pense que j’ai clairement eu de la chance à mes lancers de dés lors de la mise en place. Mes points d’habileté, endurance et chance étaient presque au maximum, ce qui fait que je n’ai pas eu besoin de potion, et pratiquement pas de repas. Je n’ai pas vraiment chronométré, mais je pense que la partie à dû durer globalement 7h ou 8h. La cartographie du labyrinthe final nécessitait clairement un peu de patience. D’ailleurs, la carte, parlons-en : elle est clairement IN-DIS-PEN-SABLE, sans quoi le lecteur tourne en rond à l’infini ! Pour ma part, j’ai toutefois trouvé cela sympa à dessiner. Compte-tenu de l’aventure contenue dans ce LDVELH (exploration de galerie dans une montagne), un tel outil a tout son sens. Je me demande si le dessin d’une carte est nécessaire dans chaque LDVELH. J’imagine que non, cela dépend de la nature de l’aventure, ainsi que peut-être de la narration elle-même.

D’ailleurs, est-ce que je referai ce livre dont vous êtes le héros ? Je ne sais pas trop. D’une certaine manière, je suis arrivé à la fin de l’aventure, et les aventures ne se terminent pas toujours en happy end. Dans le doute, je laisse ma carte dedans, celle-ci sera nécessaire à toute nouvelle partie (et c’est encouragé en préambule, dans le livre lui-même).

Ma précieuse carte

Si vous ne comptez pas faire ce LDVELH, vous trouverez ma fameuse carte finale ci-contre.

Globalement, l’aventure se décompose en deux grandes parties (correspondantes aux deux auteurs…?) :

  1. Avant la rivière, il y a de nombreuses salles à visiter (et sans doute des clefs à y trouver) ;
  2. Après la rivière, c’est un labyrinthe plutôt touffu !

Evitez le vampire, et méfiez-vous du minotaure ainsi que du dragon, qui sont des créatures particulièrement puissantes. Pensez à conserver aussi votre chance au plus haut, elle aide énormément face au sorcier.

Sachez enfin qu’il vous faudra trois clefs numérotées (et non deux comme indiqué au début du livre) pour ouvrir le coffre final du sorcier. Pour ma part, je n’en possédais que deux.

Pour conclure, le Sorcier de la Montagne de Feu a été une expérience très sympathique de livre dont vous êtes le héros, avec une aventure ultra-classique d’exploration de donjon et de trucidage de montres à la sauce des années 80s. J’espère toutefois que le prochain LDVELH que je ferai sera plus axé sur la narration et le scénario, que sur l’exploration. Je m’orienterai aussi sans doute vers d’autres auteurs, histoire de varier les styles.

  1. Dés à 6 faces classiques[]
  2. Pour utiliser des dés à 20 faces (D20) au lieu de dés à 6 faces (D6), j’utilisais la puissance du « modulo » en maths. Pour simplifie : 1=7=13 ; 2=8=14 ; 3=9=15 ; 4=10=16 ; 5=11=17 ; 6=12=18 ; 19=20=relancer pour conserver l’équilibre des probas.[]
  3. Garder en mémoire le paragraphe précédent et y revenir en cas de déconvenue.[]

Geek bordelais, féru de science, amoureux de technologies, mordu de SF, amateur de fantasy, épris de jeux en tous genre, adepte de réflexions diverses. Et j'aime le canard, aussi.

2 commentaires

  1. Lecture sympathique et bien narrée, façon journal de bord ^_^

    Ça m’a rappelé les compte rendu de partie Heroscape que je faisais à une époque. Je suis retourné les regarder, ils sont toujours en ligne, mais les images n’étaient plus accessible. J’ai passé 1h à les retrouver, et à les remettre en ligne !

    Par exemple, cette partie avec Ekho et Eldermë : http://forum.heroscape.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=4391

    Bon, je ne pense pas que ça me poussera à me mettre aux LDVELH malgré tout. Je suis plus adepte des jeux vidéo que toi, et clairement, si je veux me plonger dans un univers et vivre une aventure en solo, je me tournerais d’abord vers un jeu vidéo 😉

  2. Par exemple, cette partie avec Ekho et Eldermë : http://forum.heroscape.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=4391

    Rho ! Le voyage dans le temps que tu viens de me faire faire…! 😀

    Lecture sympathique et bien narrée, façon journal de bord ^_^

    C’était bien l’idée. Je me suis amusé à utiliser la fonction de reconnaissance vocale de mon smartphone, pour la rédaction, histoire de noter en quasi-temps réel.

    Bon, je ne pense pas que ça me poussera à me mettre aux LDVELH malgré tout. Je suis plus adepte des jeux vidéo que toi, et clairement, si je veux me plonger dans un univers et vivre une aventure en solo, je me tournerais d’abord vers un jeu vidéo

    Comme je le disais en intro de cet article, il est certain que les jeux vidéos surpassent les LDVELH sur la grande majorité des points, à l’exception sans doute du côté nostalgie des 80s…

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